« La question de la protection de nos économies sera au cœur des discussions que nous aurons en fin de semaine », a indiqué, mardi 22 février, le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, qui accueillera ses homologues européens à l'occasion d'une réunion informelle, vendredi 25 et samedi 26 février à Paris.
Il a fait état de discussions en cours, notamment la veille avec le président de l'Eurogroupe, Paschal Donohoe, visant à étudier tous les scénarios qui permettront de « protéger les économies européennes et l'économie française face aux conséquences de cette escalade en Ukraine ».
Mardi, l'UE a annoncé des mesures ciblées destinées à sanctionner la reconnaissance par la Russie de l'indépendance des deux territoires séparatistes à l'est de l'Ukraine (EUROPE 12896/1).
« Ces mesures seront immédiates, lourdes et efficaces », a prédit M. Le Maire devant le Sénat français, avant leur adoption formelle, citant des mesures visant à empêcher la Russie de se financer, des sanctions individuelles visant des personnalités politiques et économiques russes, un gel des avoirs de banques publiques russes. Selon lui, les conséquences de la crise en Ukraine seront « contenues » sur l'économie française, qui exporte pour moins de 7 milliards d'euros vers la Russie et importe pour moins de 10 milliards d'euros depuis ce pays. « Nous maintiendrons le gel des prix du gaz pour les particuliers en toute circonstance », appelant à une accélération de la réduction de la dépendance vis-à-vis du gaz russe.
D'après le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, « la violation du droit international » par Moscou « va fortement augmenter (l')incertitude » entourant l'économie européenne en 2022.
Début février, la Commission européenne avait révisé légèrement à la baisse - de 4,3 à 4,0% du PIB - ses prévisions de croissance économique pour cette année en raison d'un ralentissement de la reprise lié à l'impact du variant Omicron du virus responsable de la Covid-19 et de l'incertitude persistante générée par les prix énergétiques et les tensions géopolitiques (EUROPE 12888/5).
L'Eurogroupe se réunira également vendredi à Paris. D'après une source européenne, les tensions géopolitiques sur le flanc est de l'Europe seront, « sans le moindre doute, évoquées ». Les sanctions européennes découlant de la crise russo-ukrainienne, de même que l'annonce par l'Allemagne d'un gel de la procédure d'autorisation du gazoduc Nord Stream II (EUROPE 12896/2), auront un impact économique et en termes de fourniture d'énergie qui, elles-mêmes, auront des répercussions sur le niveau d'inflation, a considéré cette source. (Mathieu Bion)