Entre effets de la pandémie de Covid-19 et défis environnementaux, les ministres des Transports des États membres de l’UE tiendront une réunion informelle, lundi 21 et mardi 22 février au Bourget, à l’occasion de laquelle ils feront le point sur les principaux dossiers en cours et à venir.
Les discussions des ministres compétents porteront, au cours de ces deux journées, sur quatre thèmes : la décarbonation des transports, l’innovation dans le secteur via le développement de nouvelles technologies, le report modal et l’attractivité.
Dans le détail, les discussions porteront notamment sur plusieurs volets du paquet ‘Fit for 55’ (EUROPE 12764/10), tels que le déploiement d’infrastructures de carburants alternatifs pour les véhicules au sein de l’UE (AFIR) (EUROPE 12883/8), les carburants et énergies durables dans les secteurs de l’aviation (ReFuelEU Aviation) (EUROPE 12878/17) et maritime (FuelEU Maritime) (EUROPE 12892/33) ou encore sur les systèmes de transports intelligents (STI) (EUROPE 12855/36).
Concernant le règlement AFIR, la réunion informelle devrait être l’occasion pour les ministres des Transports de se pencher sur le déploiement des infrastructures pour carburants alternatifs. Sur ce dossier, la position des États membres devra être discutée, certains d’entre eux ayant déjà demandé plus de flexibilité en raison des contraintes géographiques ou de la faible densité de population (EUROPE 12807/6).
Les ministres présents au musée de l’Air et de l’Espace du Bourget aborderont également les questions inhérentes à l’achèvement du réseau transeuropéen de transports (RTE-T).
Ceci amènera les ministres à échanger au sujet du report modal et du secteur ferroviaire alors que la stratégie européenne pour une mobilité intelligente et durable prévoit le doublement du fret ferroviaire et le triplement de l'activité ferroviaire à grande vitesse d'ici à 2050.
Équilibre entre attractivité et conditions de travail
Par ailleurs, cette réunion sera également l’occasion de discuter de la position des États membres en matière de carburants alternatifs pour l’aviation. Sur ce dossier, les positions divergent. L'Allemagne, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas, l’Autriche et le Luxembourg avaient d'ailleurs signé, mardi 1er février, une lettre commune dans laquelle ils plaidaient pour que les États membres puissent imposer des règles plus ambitieuses concernant les objectifs en matière de mélange pour les carburants d'aviation durables (EUROPE 12881/10).
En outre, les discussions porteront également sur la question des conditions sociales pour les salariés des secteurs aérien et maritime ainsi que des pratiques telles que le ‘pay-to-fly’, qui pousse les pilotes d'avion à payer pour leurs heures de vol. Une réflexion sera menée par les ministres compétents sur l’équilibre à trouver entre l’amélioration des conditions de travail, le maintien de la compétitivité et l’augmentation de l’attractivité.
Enfin, le sujet de l’innovation sera lui aussi au centre des discussions. Les ministres feront notamment le point sur les dispositions règlementaires nécessaires pour encourager l’innovation et sur les mesures à prendre pour faciliter le déploiement à grande échelle de systèmes de transport intelligents. (Thomas Mangin)