Vingt-trois ministres de l’UE chargés de l’Économie sociale ont apporté leur plein soutien au récent plan d’action présenté par la Commission européenne pour soutenir le secteur de l’économie sociale et solidaire, et ont défini une série de grands principes, lors d’une conférence informelle qui s’est tenue à Paris jeudi 17 février. Objectif : alimenter la préparation d’une recommandation dans le domaine de l’économie sociale prévue en 2023.
« C’est un moment décisif, un moment historique pour l’Europe », a lancé Olivia Grégoire, la secrétaire d’État française chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable, en amont de la conférence, rappelant que les États membres ne s'étaient plus réunis autour de ce sujet depuis dix ans. « L’économie sociale en Europe est en plein essor, ce n’est pas pour rien qu’elle figure parmi les 14 écosystèmes industriels sur lesquels l’Europe (...) a décidé de fonder sa résilience et le renouveau de sa croissance économique. Ce n’est pas un hasard ! », a-t-elle poursuivi. La question posée est comment faire pour que ce secteur irrigue l’économie de tous les États membres.
Abordant le plan d’action de la Commission européenne présenté en décembre dernier (EUROPE 12850/15), les ministres ont insisté sur la diversité des traditions nationales dans le domaine de l’économie sociale dans le cadre de la préparation d’une « définition commune ».
Deuxièmement, il importe de promouvoir ce secteur en plein essor (10% du PIB en France, ou en Italie par exemple) au niveau national. Les ministres confirment leur soutien en faveur de politiques publiques spécifiques avec la mise sur pied de labels et de certifications. Dans ce cadre, ils sont désireux d'aider la Commission européenne à cartographier les labels et certifications existants.
Les ministres ont, par ailleurs, soutenu la proposition de la Commission européenne de créer un portail européen de l’économie sociale pour recenser les politiques et financements publics dédiés à l’économie sociale. Ils entendent aider l’institution à dénombrer les différentes méthodologies nationales pour mesurer l’activité de l’économie sociale et solidaire. L’un des objectifs sous-jacents est d’éviter le phénomène de « social washing ».
Les résultats de cette conférence alimenteront les échanges du Conseil de l’UE à l’Emploi et à la Politique sociale (EPSCO), mais aussi la Commission européenne, afin de préparer une recommandation d’ici 2023.
Le secteur de l’économie sociale et solidaire satisfait
Social Economy Europe, qui représente les entreprises de l’économie sociale en Europe, s’est félicité du résultat de cette réunion informelle et a enjoint les États membres à avancer au plus vite, notamment dans la préparation de la recommandation.
L’association des assureurs mutuels et coopératifs en Europe (AMICE) s’est réjouie de voir une première reconnaissance de son secteur en tant qu’acteur important de l’économie sociale. Le défi principal reste à présent la mise en œuvre des ambitions et des objectifs du plan d’action de la Commission européenne. (Pascal Hansens)