Réunis à Djakarta les 17 et 18 février sous un format hybride, les ministres des Finances des 20 plus grandes économies mondiales ont fait état d'une reprise économique continue, mais « asynchrone » en raison d'un accès divergent aux vaccins contre la Covid-19 et sujette aux « tensions géopoliques ».
Afin de ne pas enrayer la croissance économique, les ministres s'engagent à une levée « prudente » des mesures budgétaires d'urgence, en place depuis le printemps 2020, pour affronter la pandémie, tout en soulignant l'importance de garantir la soutenabilité à long terme des finances publiques. Afin de soutenir notre ambition collective de sortir de la crise ensemble et plus forts, « nous confirmons notre engagement en faveur de stratégies de sortie bien calibrées, bien planifiées et bien communiquées », ajoutent-ils dans leur communiqué.
DTS. L'aide aux pays vulnérables a été l'un des sujets discutés à Djakarta, notamment le recyclage de droits de tirage spéciaux (DTS) obtenus par les pays riches lors de l'augmentation du capital du FMI en 2021. Sur l'objectif affiché de 100 milliards de DTS, les engagements atteignent désormais « 60 milliards de dollars », indiquent les grands argentiers mondiaux.
Une partie de cette aide transitera via une nouvelle facilité en cours de constitution au sein du FMI et qui pourrait être opérationnelle début 2023.
Inflation. Reconnaissant que l'inflation est « actuellement élevée dans beaucoup de pays », le G20 'Finances' admet que les banques centrales agiront, si nécessaire, pour préserver la stabilité des prix, conformément à leur mandat.
La hausse des taux directeurs annoncée par la FED aux États-Unis en 2022 et le fait que la BCE n'écarte pas d'agir pour la zone euro pourraient avoir pour conséquence un rapatriement de capitaux sur les marchés occidentaux, une évolution que craignent les pays émergents.
Climat. Sur le changement climatique, les ministres sont d'avis que les politiques à mener pour atteindre la neutralité climatique doivent comporter des mécanismes budgétaires, de marché et réglementaires, et prévoir « la sortie et la rationalisation, à moyen terme, des subventions inefficaces aux énergies fossiles » tout en épaulant les populations vulnérables dans la transition.
Enfin, dans le domaine fiscal et financier, le G20 'Finances' maintient la pression pour que la réforme fiscale internationale agréée à l'OCDE en 2021 puisse être d'application dans le monde en 2023 (EUROPE 12871/2).
Voir le rapport de l'OCDE sur la fiscalité : https://aeur.eu/f/en
Cryptoactifs. Par ailleurs, il est demandé au Conseil de stabilité financière (FSB) « d'accélérer et d'approfondir » les travaux sur la meilleure façon de superviser les cryptoactifs afin d'éviter les lacunes et l'arbitrage réglementaires.
Nous observons une « nouvelle tonalité » vis-à-vis d'un marché valorisé à 2 300 milliards de dollars qui, selon le FSB, peut constituer « un risque pour la stabilité financière », car il se diffuse vers les investisseurs individuels et se complexifie avec l'apparition de dérivés sur les cryptoactifs, avait indiqué mercredi 16 février une source du ministère français des Finances avant le début de la réunion de Djakarta.
Voir le communiqué du G20 'Finances' : https://aeur.eu/f/em (Mathieu Bion)