Les ministres des Affaires européennes des Vingt-sept ont adopté, mardi 25 janvier, la recommandation révisée sur les voyages non essentiels dans l’UE, s’accordant à la fois sur une durée de validité du certificat Covid de l’UE de 9 mois après la seconde dose (durée encadrée dans un acte délégué qui entrera en vigueur le 1er février) ainsi que sur un changement de logique dans les restrictions sanitaires, se concentrant désormais davantage sur les personnes et leur statut vaccinal, de tests ou de rétablissement de la Covid-19 plutôt que sur des zones géographiques.
Ce changement devrait ainsi convaincre les États membres de lever des mesures sanitaires restrictives pour les personnes dotées du certificat Covid de l’UE même si la recommandation, non contraignante, ne les y oblige pas.
L’objectif est en tout cas d’aller vers « des contraintes limitées », a commenté le secrétaire d’État français aux Affaires européennes, Clément Beaune.
En révisant le 'frein d’urgence' prévu par le texte, les ministres ont aussi donné la possibilité à la Commission de solliciter un débat au Conseil de l’UE quand une menace affecte plusieurs États membres avec des propositions de réponse coordonnée.
En ce qui concerne les cartes publiées périodiquement par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), celui-ci devrait continuer à publier une carte des régions des États membres indiquant le risque potentiel d'infection selon un système de feux tricolores (vert, orange, rouge, rouge foncé). Cette carte devrait être basée sur le taux de notification des cas à 14 jours, l'utilisation du vaccin et le taux de dépistage.
Sur la base de cette carte, les États membres devraient cependant appliquer des mesures concernant les voyages à destination et en provenance des zones rouge foncé, où le virus circule à des niveaux très élevés.
Ils devraient notamment décourager tout voyage non essentiel et exiger que les personnes arrivant de ces zones et sans certificat de vaccination ou de guérison subissent un test avant leur départ et soient mises en quarantaine après leur arrivée.
Cette recommandation n’oblige pas les États membres à lever d’autres mesures décidées au niveau national comme l’imposition de tests aux voyageurs pleinement vaccinés, comme le fait l'Italie, a encore répété Clément Beaune.
Au niveau national, les États membres n’imposent pas non plus tous la même durée de validité des pass sanitaires ou vaccinaux pour conditionner l’accès à certains lieux et services.
Le principe de la recommandation est toutefois de convaincre tous les États membres de rapprocher leurs pratiques.
Interrogée sur ces différentes mesures en vigueur dans l'UE, la Commission a dit, mardi, être « parfaitement consciente du décalage » et a reconnu que la vie des citoyens serait « plus facile si toutes les règles étaient alignées ».
L’organisation ACI Europe, qui réunit les associations de tourisme et de transport européennes, a appelé le même jour les États membres à mettre fin à ce « patchwork ».
Lien vers la recommandation : https://bit.ly/3fUWQv2 (Solenn Paulic)