Le Parlement européen devrait voter, jeudi 20 janvier à Strasbourg, sur les recommandations visant à renforcer la protection des animaux d’élevage pendant le transport.
Les groupes Verts/ALE et La Gauche ont déposé des amendements différents visant à limiter au maximum les temps de transport du bétail et à éviter l’exportation d’animaux vivants vers des pays tiers.
Le débat sur les recommandations de la commission d'enquête sur la protection des animaux en cours de transport aura lieu également jeudi 20 janvier au sein de l’hémicycle (EUROPE 12846/4).
8 heures maximum. Le groupe Verts/ALE au PE a déposé un amendement visant à préconiser une limite de 8 heures de transport maximum par avion et par route pour tous les animaux et 24 heures s’agissant du transport par voie maritime.
Le compromis entériné au sein de la commission d’enquête prévoit une durée de voyage (uniquement des animaux destinés à l'abattage) « ne dépassant pas, en principe, 8 heures ».
Le groupe La Gauche a déposé une dizaine d’amendements allant encore plus loin, notamment en faveur d’une durée de 2 heures maximum pour le transport du bétail.
Exportation d’animaux vivants. Un autre amendement du groupe Verts/ALE vise à renforcer les recommandations sur les modalités d’exportation des animaux vivants vers des pays tiers.
Le groupe Verts/ALE demande à la Commission européenne d'établir une liste de pays tiers appliquant des règles au moins aussi protectrices que celles de l'UE (via un accord international) et de veiller à ce que « l'exportation d'animaux d'élevage vivants ne soit autorisée que vers les pays figurant sur cette liste ». Les recommandations sur la table parlent d’une liste des pays tiers appliquant des règles au moins aussi protectrices que celles de l'Union européenne, « dans lesquels l'exportation d'animaux d'élevage vivants peut être directement autorisée sur la base d'un accord international ».
Le groupe La Gauche demande, dans des amendements, une interdiction de l’exportation des animaux vivants à destination des pays tiers.
Par ailleurs, certaines recommandations sur les animaux dits vulnérables pourraient être remises en cause par des eurodéputés des groupes PPE, CRE ou Renew Europe, comme : - l’interdiction totale de transporter des animaux non sevrés de moins de 5 semaines ; - une limite de 2 heures de transport maximum pour les animaux non sevrés de plus de 5 semaines ; - ne pas autoriser le transport des femelles dans le dernier tiers de leur gestation.
L'issue du vote est incertaine sur ces sujets importants pour l'avenir de la santé animale.
La Commission européenne fera en 2023 des propositions visant à améliorer le bien-être des animaux d'élevage.
Pour Tilly Metz (Verts/ALE, luxembourgeoise), présidente de cette commission d’enquête, les recommandations doivent être « à la hauteur » des attentes des citoyens. « Ce vote représente un moment décisif pour la cause du bien-être animal en Europe et pour la crédibilité du PE », a-t-elle confié à EUROPE. En 2019, le PE s'était clairement exprimé pour une limite maximale de transport de 8 heures.
« Or, aujourd'hui, en raison d’une résistance conservatrice et libérale, il est incertain que nous ayons une majorité en faveur de cette limite de 8 heures », s'inquiète Mme Metz. Elle appelle ses collègues « à faire preuve de courage lors du vote ».
Par ailleurs, une pétition demandant l'interdiction par l'UE de l'exportation d'animaux d'élevage vivants vers des pays tiers, qui compte plus de 900 000 signatures, a été remise jeudi 13 janvier au PE par les organisations Compassion in World Farming, FOUR PAWS, WeMove Europe et Animals International.
Lien vers les recommandations soumises au vote du PE : https://bit.ly/3K5STBs (Lionel Changeur)