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Bulletin Quotidien Europe N° 12868
SÉCURITÉ - DÉFENSE / Ukraine

L’UE renforce son soutien à Kiev

L’Union européenne va renforcer son soutien à l’Ukraine, a annoncé, jeudi 13 janvier à Brest, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell.

M. Borrell a annoncé que l’UE se préparait à envoyer une mission pour aider l’Ukraine à faire face aux cyberattaques. De plus, en réponse à une question d’EUROPE, M. Borrell a confirmé que l’UE réfléchissait à une mission de formation des forces armées dans le pays.

« Il y a sur la table des ministres une proposition pour établir une mission de formation de haut niveau pour les officiels ukrainiens. Ce ne sera pas une formation de base pour les soldats, mais pour les cadres », a-t-il expliqué, espérant une décision proche (EUROPE 12849/15). M. Borrell a ajouté que l’UE avait envoyé une mission sur place pour voir la faisabilité et les besoins.

Alors que la situation à la frontière entre l’Ukraine et la Russie est toujours tendue, M. Borrell a prévenu qu’il n’était pas question de négocier sous la pression. Il a aussi voulu se montrant rassurant quant à l’implication des Européens dans les discussions sur la sécurité européenne.

« Nous avons reçu l'assurance que rien ne sera décidé ni même négocié avec les Russes sans une étroite coordination avec l’Europe et la participation des Européens, et la coordination avec les Américains est absolument parfaite », a-t-il expliqué, ajoutant qu’il y avait « plus de cent contacts à tous les niveaux » entre les Européens et les Américains.

Tout comme le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, la veille (EUROPE 12867/1), le Haut Représentant a envoyé une fin de non-recevoir aux demandes de la Russie qui souhaite que, d'une façon formelle, l'OTAN accepte qu'un certain nombre de pays, dont l'Ukraine, ne pourront jamais être membres de l'Alliance et que celle-ci retire ses effectifs militaires des pays alliés à l’est. « Ce n’est pas que nous voulons que l'Ukraine devienne membre de l'OTAN. Mais nous ne voulons pas qu'on dise qu'un État souverain ne peut pas prendre certaines décisions, et cela vaut pour l'Ukraine, la Finlande, la Suède et tout autre État souverain », a-t-il prévenu.

À leur arrivée à leur réunion informelle, plusieurs ministres des Affaires étrangères ont qualifié d’inacceptables les propositions russes. « Si la volonté de la Russie est de revenir à Yalta - le fondement des deux propositions ramène à une logique de bloc d'avant 1990 - ce n’est pas acceptable pour nous. Mais si derrière, il y a la volonté de construire autre chose, continuons de discuter », a estimé le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian.

Selon lui, les éléments sont réunis pour pouvoir se réorienter vers le format Normandie. Des émissaires français et allemands se sont rendus en mission en Ukraine et en Russie la semaine dernière pour voir les possibilités de reprendre le dialogue. « Un signe fort sera la reprise des discussions, d’autant plus que l’on connaît la feuille de route à mettre en œuvre », a-t-il ajouté. Son homologue aux Armées, Florence Parly, a rappelé que la seule façon de réduire « durablement » les tensions était de dialoguer.

Après une semaine d’intense diplomatie, « la balle est dans le camp de la Russie », a rappelé le ministre roumain, Bogdan Aurescu.

Mais si la Russie décidait d’agir contre la sécurité européenne ou d’agresser de nouveau l’Ukraine, l’UE prendrait des mesures fortes, ont prévenu plusieurs ministres et le Haut Représentant. Selon le Danois Jeppe Kofod, l’UE devrait être prête à prendre « des mesures politiques et économiques dont l’ampleur n’a encore jamais été vue ».

Interrogé sur le gazoduc NordStream 2, M. Borrell a estimé que son fonctionnement dépendrait aussi des événements en Ukraine et de l’attitude de la Russie. « Vous ne pouvez imaginer que, d’un côté, on pense à imposer des sanctions contre la Russie et que, de l’autre, on ouvre cette infrastructure », a-t-il précisé.

Par ailleurs, le Conseil de l’UE a décidé de prolonger de six mois, jusqu'au 31 juillet 2022, les mesures restrictives qui visent actuellement certains secteurs économiques russes. Cette décision fait suite à un accord au Conseil européen du 16 décembre dernier. (Camille-Cerise Gessant)

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