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Bulletin Quotidien Europe N° 12851
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ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Afghanistan, relations avec l'Afrique, Venezuela, Ukraine, sanctions à l'encontre du Mali et du groupe Wagner au menu du Conseil de l'UE du 13 décembre

Les ministres des Affaires étrangères des Vingt-sept se retrouveront, lundi 13 décembre à Bruxelles, pour un Conseil avec, une nouvelle fois, un agenda chargé.

Afghanistan et Asie centrale. Les ministres discuteront des relations entre l’UE et l’Asie centrale, à la fois avec la région en tant que telle, mais aussi en lien avec la situation en Afghanistan. Cette discussion fait suite à la réunion ministérielle UE/Asie centrale du 22 novembre lors de laquelle il a été constaté, selon une source européenne, une envie de la part de ces pays d’avoir plus de contacts avec l’UE (EUROPE 12837/18). Selon un haut fonctionnaire européen, les ministres discuteront de ce que l’UE peut faire pour contribuer à la stabilité et la prospérité de la région.

Mais ils devraient avant tout se pencher sur l’Afghanistan. Le Conseil devrait aborder des avancées, ou non, concernant les cinq critères fixés en septembre pour un engagement opérationnel avec les talibans (EUROPE 12783/1).

La discussion se poursuivra lors du déjeuner avec le ministre des Affaires étrangères qatari, Mohammed Al-Thani, dont le pays est devenu le canal préférentiel de la diplomatie et de la logistique liées à l’Afghanistan.

Les relations avec le Golfe seront aussi abordées, en amont de la présentation, en 2022, d'une nouvelle stratégie de l'UE envers la région et alors que les ministres ont appelé, en octobre, à un renforcement des liens bilatéraux (EUROPE 12814/2).

Relations avec l'Afrique. Les relations entre l’UE et l’Afrique seront le premier point de discussion formel. Les ministres auront un échange de vues afin de préparer la réunion du Conseil européen du 14 décembre, qui aura les préparatifs du sixième sommet Union européenne/Union africaine à son ordre du jour.

« Les relations avec l’Afrique sont l’une des relations essentielles de l’UE. La discussion couvrira un large éventail de domaines : la sécurité, l’économie, le développement, pour préparer la discussion des dirigeants de la semaine prochaine, en vue du sommet UE/UA envisagé l’année prochaine », soulignait vendredi un haut fonctionnaire de l’UE.

Le sommet UE/UA, qui devait se tenir en 2020, a dû être reporté à moult reprises. Il est désormais programmé pour février, sous Présidence française du Conseil de l'UE, avec pour objectif de renforcer le partenariat stratégique entre les deux continents par une stratégie commune et ainsi de relever ensemble les défis communs. La confirmation de la partie africaine est néanmoins encore attendue pour les 17 et 18 février (EUROPE 12843/8).

Lundi, « il s'agira de faire le point sur les relations UE/Afrique au sens large en abordant tant les défis que les opportunités pour voir comment mieux se coordonner pour redynamiser ce partenariat », a expliqué un diplomate.

Emmanuel Macron a dévoilé le 10 décembre les attentes de la future Présidence française, qui compte faire des relations avec l’Afrique une priorité pour refonder la relation avec des objectifs clairs et une approche politique. Parmi les objectifs, il a notamment cité l’acompagnement de la relance économique du continent par un paquet d’investissements, la santé et les vaccins anti-Covid-19, la sécurité et la paix (EUROPE 12850/17).

« Lundi sera une première étape de la préparation. Les travaux s’accéléreront en janvier et février », selon une autre source diplomatique.

Éthiopie. À la fin de la réunion, les ministres auront de nouveau un échange de vues sur la situation extrêmement préoccupante dans ce pays depuis l’embrasement de la guerre civile qui aggrave une crise humanitaire majeure et menace l’Éthiopie d’effondrement, avec un risque de déstabilisation de toute la région (EUROPE 12844/8).

L’objectif de la discussion est d’identifier les solutions pour obtenir enfin un cessez-le-feu et la reprise du dialogue politique entre le gouvernement et les rebelles du Tigré (EUROPE 12833/30, 12826/5).

Les sanctions, dont la menace est brandie depuis avril par le Haut Représentant de l’UE, Josep Borrell, sont toujours sur la table, mais ne seront pas l’objet de la discussion.

« Les positions sont diverses. Un travail préparatoire est en cours, mais il n’y a pas de position unitaire pour aller de l’avant. Certains estiment qu’il faut faire place à la médiation. D’autres plaident pour le régime de sanctions pour violation des droits humains », soulignait vendredi un diplomate.

Une autre source diplomatique a renchéri en ces termes : « il faut voir comment l’UE peut agir de la manière la plus positive possible, par l’aide humanitaire, le soutien à la médiation de l’Union africaine. Des sanctions sont possibles, mais on n’est pas encore mûr pour cela ».

Venezuela. Les ministres discuteront aussi de la situation au Venezuela après les élections locales et régionales du 21 novembre (EUROPE 12839/31). Ils devraient faire le point sur la mission d’observation électorale de l’UE en présence de sa présidente, la députée européenne Isabel Santos (S&D, portugaise), qui les informera sur les conclusions préliminaires de la mission. Le Conseil pourrait aussi essayer d’esquisser les perspectives pour des efforts plus politiques en prenant en compte le dialogue en cours entre pouvoir et opposition à Mexico, selon une source européenne.

Ukraine. Rapidement, le Conseil devrait revenir sur le renforcement des troupes russes à la frontière avec l’Ukraine, mais aussi les menaces hybrides auxquelles Kiev est confrontée. « L’objectif est de faire un point de la situation en connexion avec la discussion, qui se prolongera probablement lors du Conseil européen », a expliqué un diplomate européen (EUROPE 12850/24). Les ministres devraient rappeler leur attachement à la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Si la situation devait s’envenimer, « il y aurait une réponse politique et économique », a prévenu un haut fonctionnaire.

« S'il y a une agression, il faut qu'il y ait un prix à payer. C'est évident », a estimé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à l'issue d'une rencontre à Bruxelles avec le nouveau chancelier allemand, Olaf Scholz. L'Allemagne et ses partenaires « réagiront en cas de violation de l'intégrité territoriale d'un pays », a renchéri M. Scholz, soulignant l'importance « avant tout d'empêcher un conflit ».

Biélorussie. Les chefs de la diplomatie reviendront également sur la situation en Biélorussie, en lien avec les dernières actions de l’UE : efforts diplomatiques auprès des pays tiers et des compagnies aériennes liées à l’arrivée de migrants, aide humanitaire, nouveau paquet de sanctions ou encore lutte contre la désinformation. 

Chypre. De même, les ministres reviendront sur la situation à Varosha (Chypre) et discuteront des options possibles à prendre envers la Turquie, qui vise à changer le statut de la ville (EUROPE 12770/1sur la base d’un document préparé par le Service européen pour l’action extérieure. Selon un haut fonctionnaire européen, l’objectif est de « traduire la solidarité avec Chypre en actions ».

Une source européenne a précisé qu’il y avait toujours la piste des mesures restrictives, mais qu’il pouvait y avoir des sanctions économiques ou des mesures concernant l’union douanière ou encore les dialogues à haut niveau. Cette source a jugé probable qu’il n’y ait pas de décision lors du Conseil.

Chine. À la demande de la Lituanie, les ministres reviendront sur les relations avec la Chine. Le ministre lituanien devrait informer ses homologues sur les mesures chinoises auxquelles son pays fait face (EUROPE 12849/2).

Plusieurs délégations pourraient profiter de la discussion pour mettre sur la table la question du boycott diplomatique des JO de Pékin, souhaitant une concertation sur la posture à tenir.

Mali. Le Conseil 'Affaires étrangères' de l'UE adoptera le cadre juridique qui permettra de prendre des sanctions à l’égard de ceux qui ont entravé ou entraveront le processus de transition. Lors de leur précédente session, en novembre, les ministres avaient donné leur accord politique pour ce cadre de sanctions ciblées, qui a pu, depuis lors, être finalisé (EUROPE 12832/3).

Les ministres auront la possibilité d'évoquer le sommet de la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest), qui se tiendra dimanche, à la veille de la session du Conseil 'Affaires étrangères', indiquait un diplomate vendredi.

Sécurité. Sans débat, les ministres adopteront des sanctions contre la société russe Wagner (EUROPE 12833/31). Selon un haut fonctionnaire européen, il s’agit de trois entités et de huit personnes liées à Wagner, sanctionnées sous les régimes des sanctions 'Libye', 'Ukraine', 'Syrie' ou 'Droits de l’homme', pour des griefs différents. Ce sera « une réponse globale à ce phénomène et aux agissements du pays qui abrite cette société », a expliqué un diplomate.

PSDC. Enfin, le Conseil adoptera des conclusions sur le pacte de la PSDC civile. Selon un projet de conclusions daté du 7 décembre obtenu par EUROPE, il devrait réaffirmer sa pleine détermination à rendre la PSDC civile « plus performante, plus efficace, plus souple et plus réactive, ainsi que plus solidaire ».

Le Conseil devrait aussi souligner que l'évolution de l'environnement de sécurité exige un processus d'évaluation et de réflexion régulier pour faire en sorte que les mandats des missions civiles de PSDC restent adaptés aux besoins.

Il devrait en outre se féliciter des progrès « globalement positifs » réalisés dans la mise en œuvre du pacte adopté fin 2018. Selon le Conseil, il importe d'assurer collectivement la mise en œuvre intégrale et cohérente de tous les engagements figurant dans ce pacte « dès que possible, au plus tard au début de l'été 2023 ».

Prix de l'énergie. Par ailleurs, en marge de la réunion, la Belgique organisera, au nom du Benelux, un petit-déjeuner avec le directeur général de l’Agence internationale de l’Énergie pour permettre un échange de vues géopolitique sur la flambée des prix de l’énergie. (Aminata Niang et Camille-Cerise Gessant)

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