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Bulletin Quotidien Europe N° 12783
ACTION EXTÉRIEURE / Afghanistan

Les États membres de l'UE fixent les conditions d'un engagement opérationnel avec les talibans

Les ministres européens des Affaires étrangères ont défini, jeudi 2 et vendredi 3 septembre, lors de leur réunion informelle à Kranj (Slovénie), les conditions pour un engagement opérationnel avec les talibans, selon le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell.

« Nous allons devoir nous engager avec le nouveau gouvernement, ce qui ne signifie pas une reconnaissance. C'est un engagement opérationnel qui augmentera en fonction de l’attitude du gouvernement », a-t-il expliqué devant les médias.

Afin de « mesurer » cette attitude, les Européens ont fixé cinq critères. Le premier cité par M. Borrell porte sur la sécurité et est lié à l’engagement des talibans de ne pas laisser l’Afghanistan servir de « base à l'exportation du terrorisme vers d'autres pays ».

Les talibans doivent aussi respecter les droits de l’homme et, en particulier, ceux de la femme, l’État de droit et la liberté des médias.

Autre condition : l’établissement d’un gouvernement de transition « inclusif et représentatif », via des négociations entre les forces politiques afghanes. Cofondateur des talibans, le mollah Abdul Ghani Baradar pourrait prendre la tête du gouvernement, qui ne devrait comporter aucune femme.

Les talibans doivent également favoriser un libre accès à l’aide humanitaire, selon les conditions et les procédures européennes.

« Nous allons augmenter l’aide humanitaire, mais les talibans seront jugés en fonction de l’accès qu’ils donneront à cette aide », a précisé M. Borrell.

Enfin, les talibans doivent respecter leur engagement concernant le départ des étrangers et des Afghans en danger qui veulent quitter le pays et n’ont pu le faire lors des évacuations, en lien avec la résolution 2593 du conseil de sécurité des Nations Unies. Sur ce dernier point, le Haut Représentant a expliqué que les États membres allaient continuer de soutenir les personnes à risque qui souhaitent partir.

Ouvrir une antenne de l'UE à Kaboul

M. Borrell a aussi annoncé qu’afin de mettre en œuvre les évacuations et d'évaluer la mise en œuvre des critères, les Européens allaient travailler de manière coordonnée.

« Les États membres ont donné un mandat au Haut Représentant et à ses services pour centraliser nos relations envers le nouveau gouvernement afghan », a expliqué le ministre des Affaires étrangères slovène, Anže Logar.

Les Européens vont donc coordonner leurs contacts avec les talibans, y compris par une présence conjointe de l'UE à Kaboul, coordonnée par le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) - si les conditions de sécurité sont réunies, a précisé M. Borrell. Si l’ouverture d’une « antenne », telle que désignée par le Haut Représentant, n’est pas possible à Kaboul, alors elle sera installée à Doha.

Le chef de la diplomatie européenne a aussi expliqué que l’ouverture d’un tel bureau à Kaboul n’était « pas du tout » une première étape vers la reconnaissance du régime taliban, mais qu’il était plus facile de parler en face-à-face plutôt que par visioconférence.

« Les États membres ne vont pas rouvrir une ambassade demain (en Afghanistan) et nous n’allons pas rouvrir la délégation de l’UE. Mais nous pouvons avoir une antenne avec des personnes chargées de coordonner la première mission qui est l’évacuation » des personnes qui doivent l’être, a-t-il précisé.

Renforcer la coordination internationale

Le Haut Représentant a aussi souligné la nécessité de coordonner l'engagement des partenaires régionaux et internationaux concernés.

« Pour cela, les ministres ont jugé opportun que, sous les auspices du SEAE, l'UE lance une plateforme politique régionale de coopération avec les voisins de l'Afghanistan », a-t-il annoncé. M. Borrell a précisé que cette plateforme examinera, entre autres, la gestion des flux de population en provenance d'Afghanistan, la prévention de la propagation du terrorisme et la lutte contre la criminalité organisée, y compris le trafic de drogue et la traite des êtres humains.

L’UE se coordonnera aussi étroitement avec les États-Unis et d'autres partenaires et organisations régionales dans le cadre du G7 et du G20 et continuera de travailler avec les agences spécialisées. (Camille-Cerise Gessant)

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