Le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, a défendu la proposition européenne de Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) lors d'une conférence en ligne du centre de réflexion Bruegel, vendredi 3 septembre.
Interrogé sur le besoin de faire participer davantage de partenaires que l'UE seule à ce mécanisme, il a soutenu l'initiative européenne proposée en juillet par la Commission.
« Je suis d'accord qu'il serait idéal d'avoir un système d'échange d'émissions mondial. Mais nous n'en sommes pas là pour le moment. Nous devons donc agir dans le contexte et la réalité internationale actuelle », a-t-il affirmé.
La veille, la directrice de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala, mettait en garde contre cette initiative, qui pourrait mettre à mal d'autres pays du globe (EUROPE 12782/31).
Pour Valdis Dombrovskis, le MACF fournit une incitation forte aux partenaires commerciaux pour qu'ils se dotent à leur tour d'un système de prix carbone, tout en se pliant aux règles internationales. « Nous devons bien faire attention à ce que le MACF soit compatible avec l'OMC. Le mot clé ici est la non-discrimination, dans le sens où nous ne pouvons pas mettre les exportateurs vers l'UE dans une situation de désavantage par rapport à nos producteurs ».
Interrogé également sur l'efficacité réelle de la politique commerciale pour atteindre des objectifs environnementaux, il a exprimé sa conviction quant à la possibilité d'avoir un commerce qui contribue aux objectifs climatiques. Selon lui, les chapitres de développement durable dans les accords commerciaux, le devoir de vigilance, ou l'engagement pour la neutralité climatique des partenaires du G20 sont des éléments de la politique commerciale qui participent à la transition verte. (Léa Marchal)