Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a déploré, vendredi 3 septembre, la crise migratoire créée par le régime biélorusse, précisant que les États membres de l’UE étaient prêts à prendre les mesures nécessaires pour aider la Pologne, la Lituanie et la Lettonie à faire face à l’afflux de réfugiés et de migrants en provenance de Biélorussie.
« Nous avons déploré que le régime de Loukachenko ait cyniquement utilisé, durant l’été, des migrants et des réfugiés pour créer artificiellement une pression sur notre frontière orientale », a-t-il dénoncé à l’issue de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères des États membres à Kranj (Slovénie). Soulignant la solidarité des États membres avec les pays concernés, le Haut Représentant a précisé qu’ils étaient prêts à prendre toutes les mesures pour les soutenir si la situation se poursuivait.
À l’issue de la rencontre, le ministre letton Egdars Rinkēvičs a annoncé avoir appelé, avec ses homologues lituanien et polonais, à des sanctions contre les entreprises et individus biélorusses impliqués dans l'utilisation de la migration dans des attaques hybrides à la frontière extérieure de l'UE. « Le travail a commencé et il doit être fait le plus rapidement possible », a-t-il ajouté.
Le ministre a ainsi confirmé l’annonce faite la veille par le directeur général adjoint pour le partenariat oriental au Service européen d’action extérieure, Luc Devigne. Lors d’un débat en commission des affaires étrangères du Parlement européen, ce dernier avait annoncé que « le travail sur un cinquième train de sanctions commençait avec les États membres ».
Lors de ce débat, l’ambassadeur polonais auprès de l’UE, Andrzej Sadoś, avait souligné que « le soutien de l’UE et des États membres était essentiel pour faire face a cette menace qui émane de Minsk ». « Il faut émettre un signal, dire que cette menace d’intimidation ne fonctionne pas », avait-il prévenu.
Le vice-ministre des Affaires étrangères lituanien, Mantas Adomėnas, pour sa part, avait estimé qu’il était important que l’UE réagisse. Selon lui, d’autres régimes dictatoriaux regardent la réponse de l’UE et, en cas de réponse non adéquate, ils pourraient, eux aussi, encourager des flux migratoires et des menaces hybrides pour faire pression sur l’UE.
La secrétaire parlementaire du ministère des Affaires étrangères letton, Zanda Kalniņa-Lukaševica avait appelé à une coordination avec les États-Unis afin que les mesures adoptées aient plus de poids.
Mme Kalniņa-Lukaševica et M. Adomėnas avaient également appelé l’UE à mettre en place une boîte à outils pour agir contre les menaces hybrides et à renforcer la résilience de l’UE face à ce type d’attaque.
La coopération avec les pays tiers dont les ressortissants sont envoyés en Europe via la Biélorussie a aussi été promue. (Camille-Cerise Gessant)