Les membres de la commission de l’agriculture du Parlement européen ont critiqué, mercredi 1er septembre, les principaux éléments de la stratégie de l’UE pour les forêts, présentés par la Commission européenne.
Les eurodéputés estiment que les propositions dépassent les prérogatives de la Commission et portent préjudice aux stratégies nationales et régionales en matière de forêts. Ils dénoncent également le manque de soutiens financiers pour les gestionnaires forestiers et le fait que la forêt soit uniquement considérée comme un puits de carbone.
Des critiques qui rejoignent celles déjà émises par les ministres de l’Agriculture allemand et autrichien, qui ont publié une déclaration commune, le 26 août, rejetant les propositions de la Commission, qui « priveraient les États membres de leur souveraineté en matière de planification pour la remplacer par des exigences communautaires contraignantes ».
Herbert Dorfmann (PPE, italien) a rappelé lui aussi que les compétences en matière de sylviculture résident du côté des États membres de l’UE et que les compétences de la Commission sur les forêts sont très limitées. Cette stratégie semble trop superficielle, a dit M. Dorfmann.
Certification. D’autres eurodéputés ont critiqué les idées de la Commission sur la mise en place d’un système de certification volontaire afin que les pratiques de gestion les plus respectueuses de la biodiversité puissent bénéficier d'un label de qualité européen (EUROPE 12764/1). Martin Häusling (Verts/ALE, allemand) a plaidé au contraire en faveur d’un système de certification robuste appliqué dans tous les pays de l’UE.
Juozas Olekas (S&D, lituanien) a précisé que la stratégie telle que proposée a été massivement critiquée, car elle ne prévoit pas de soutiens en faveur des gestionnaires des forêts.
Ulrike Müller (Renew Europe) porte elle aussi un regard critique sur les initiatives suggérées par la Commission. Comme d’autres, elle regrette que la Commission se focalise sur le rôle des forêts en matière de stockage du carbone. La gestion des forêts est réglée au niveau des États membres, a-t-elle aussi mis en garde. Mme Müller a reproché à la Commission de n’avoir pas tenu compte des avis du Conseil et du PE sur cette stratégie pour les forêts.
Martin Häusling (Verts/ALE, allemand) a émis lui aussi quelques critiques. Il a demandé de soutenir les propriétaires de forêts qui ont des pratiques favorables à la durabilité.
Afin de répondre aux critiques des eurodéputés, Janusz Wojciechowski, le commissaire à l’Agriculture, a assuré que la stratégie présentée « respecte la répartition des compétences ». La planification de la politique des forêts ne représente pas une interférence de la part de la Commission, a justifié le commissaire. « Jusqu’où ira l’intervention de l’UE dans la gestion des forêts, c’est l’avenir qui nous le dira », a admis Janusz Wojciechowski.
La part du budget européen consacrée aux forêts sera décidée dans le cadre des futurs plans stratégiques pour la politique agricole commune (PAC), a précisé le commissaire. Les forêts sont des sources d’emplois pour des millions d’Européens, a indiqué M. Wojciechowski, qui estime que la stratégie respecte les différentes fonctions des forêts. (Lionel Changeur)