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Bulletin Quotidien Europe N° 12831
SÉCURITÉ - DÉFENSE / Defense

Les ministres européens de la Défense et des Affaires étrangères vont se pencher sur la 'Boussole stratégique'

Les ministres européens de la Défense débattront, avec leurs homologues des Affaires étrangères, lundi 15 novembre, de la 'Boussole stratégique'.

Il s’agira du premier débat sur cette proposition du Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères pour renforcer le rôle de l’UE dans le domaine de la sécurité et de la défense à l’horizon 2030 (EUROPE 12830/2).

Obtenu par EUROPE, le projet de 'Boussole stratégique' se fonde sur quatre axes : agir, sécuriser, prévenir et les partenariats.

Agir. « Nous devons être en mesure d'agir rapidement et fermement dès qu'une crise éclate, avec des partenaires, si possible, et seuls, si nécessaire », prévient tout d’abord le Haut Représentant dans ce document de 28 pages.

Pour cela, il souhaite un renforcement des missions et opérations civiles et militaires de PSDC en les dotant de mandats « plus robustes et plus souples », en favorisant une prise de décision « rapide et plus flexible » et en assurant une plus grande solidarité financière. Il veut, en parallèle, favoriser une coopération étroite avec les coalitions ad hoc dirigées par l'Europe, proposant ainsi, d’ici fin 2022, d’établir des liens opérationnels entre l'EUTM Mali et la Task Force Takuba ainsi qu'entre EUNAVFOR Atalanta et la mission européenne de sensibilisation maritime dans le détroit d'Ormuz.

M. Borrell estime que les Européens devraient se mettre d’accord, dès l’an prochain, sur un registre du cycle de rotation des troupes pour les missions et opérations militaires de PSDC et, d’ici 2023, l’UE devrait être en mesure de déployer en 30 jours une mission civile de PSDC composée de 200 experts entièrement équipés, « y compris dans des zones hostiles ».

M. Borrell veut aussi renforcer la PSDC civile par le biais d’un nouveau pacte, qu’il compte faire adopter d’ici 2023.

Le Haut Représentant compte en outre développer une capacité de déploiement rapide de l'UE (EUROPE 12830/2) d’ici 2025. « Nous nous mettrons d’accord sur des scénarios opérationnels en 2022 », précise-t-il dans la 'Boussole'.

Le chef de la diplomatie entend également renforcer les structures de commandement et de contrôle, en particulier la capacité de planification et de conduite militaires, et accroître l’état de préparation et de coopération par des exercices réels réguliers, notamment pour la capacité de déploiement rapide, ceci dès 2023. La même année, M. Borrell souhaite que les Européens réévaluent la portée et la définition des coûts communs des missions et opérations militaires.

Sécuriser. L’UE doit aussi, selon M. Borrell, renforcer sa capacité à anticiper les menaces, à garantir un accès sécurisé aux domaines stratégiques et à protéger nos citoyens.

Il propose donc de renforcer les capacités de renseignement, telles que la capacité unique de renseignement et d'analyse de l'UE (SIAC).

M. Borrell plaide également pour la création, d’ici 2022, d'une boîte à outils hybride de l'UE rassemblant les instruments existants et les nouveaux instruments possibles pour détecter un large éventail de menaces hybrides et y répondre, y compris la création d'équipes d'intervention rapide de l'UE pour soutenir la capacité des États membres et des pays partenaires à contrer les menaces hybrides.

Dans ce contexte, il compte développer l’an prochain une boîte à outils dédiée à la manipulation et à l'interférence des informations étrangères et renforcer, d’ici fin 2022, la boîte à outils de la cyber-dissuasion. La même année, une nouvelle réglementation européenne sur la cyber-résilience sera proposée.

Enfin, il souhaite renforcer les actions de l’UE dans les domaines maritime et spatial, notamment en étendant les présences maritimes coordonnées à d'autres zones, à commencer par l'Indo-Pacifique, début 2022, et en développant une stratégie spatiale de l'UE pour la sécurité et la défense, d’ici fin 2023.

Investir. La 'Boussole stratégique' plaide en outre auprès des Européens pour investir « plus et mieux dans les capacités et les technologies innovantes, combler les lacunes stratégiques et réduire les dépendances technologiques et industrielles ».

Le Haut Représentant propose donc de réexaminer les processus de développement et de planification des capacités et de rechercher des solutions communes pour développer les capacités de la prochaine génération. Il cite notamment les plateformes navales sans pilote, les futurs systèmes aériens de combat, les capacités d'observation de la terre depuis l'espace et les chars de combat principaux ainsi que les outils stratégiques nécessaires aux missions et opérations.

« À partir de 2022, des réunions annuelles des ministres de la Défense sur les initiatives de défense et le développement des capacités de l'UE seront organisées », précise le document.

D’ici 2022, un pôle d’innovation de défense sera établi au sein de l'Agence européenne de défense et, à partir de 2022, les Européens identifieront les dépendances stratégiques dans le secteur de la défense, dans l’objectif de les réduire.

Enfin, M. Borrell souhaite que la coopération structurée permanente et le Fonds européen de défense soient pleinement utilisés pour développer conjointement des capacités militaires de pointe et investir dans l'innovation technologique pour la défense.

Partenariat. Dernier axe mis en avant par la 'Boussole' : le renforcement de la coopération avec des partenaires, dès 2022.

Le Haut Représentant entend renforcer les partenariats multilatéraux avec l'OTAN et les Nations Unies « par des dialogues politiques plus structurés ainsi que par une coopération opérationnelle et thématique » et augmenter la coopération avec les partenaires régionaux, notamment l'Union africaine, l'OSCE et l'ANASE.

Il souhaite aussi stimuler la coopération avec les partenaires bilatéraux qui partagent les mêmes valeurs et les mêmes intérêts, comme les États-Unis, la Norvège et le Canada, et développer des partenariats sur mesure dans les Balkans occidentaux, dans le voisinage oriental et méridional, en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

Enfin, M. Borrell compte mettre en place un forum bisannuel de partenariat pour la sécurité et la défense de l'UE afin de travailler plus étroitement et plus efficacement avec les partenaires pour relever les défis communs.

EUTM, CSP et coopération avec l’OTAN au menu du Conseil

Mardi 16 novembre, les ministres de la Défense se réuniront en Conseil. Ils discuteront des missions de formation de l’UE, les EUTM, en mettant l’accent sur les défis à relever et l’efficacité opérationnelle, sur la base de propositions du Haut Représentant. L’UE a actuellement quatre missions EUTM : au Mali, en Somalie, au Mozambique et en République centrafricaine.

Rapidement, le Conseil devrait revenir sur le renouvellement du mandat du Conseil de sécurité des Nations unies pour l'opération EUFOR ALTHEA en Bosnie-Herzégovine, le concept de présences maritimes coordonnées, la mobilité militaire et l'état d'avancement de la coopération structurée permanente (CSP ou PESCO en anglais). Les ministres devraient d’ailleurs approuver 14 nouveaux projets à développer dans le cadre de la CSP, en plus des 46 projets qui existent déjà. L'ambition est qu'un tiers des projets atteignent leurs objectifs d'ici 2025, selon un haut diplomate.

Les ministres devraient aussi adopter les orientations du Conseil pour les travaux de l'Agence européenne de défense (EDA) en 2022.

Enfin, les ministres déjeuneront avec le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, pour discuter de la coopération entre l’UE et l’Alliance et des sujets d'intérêt commun. Une nouvelle déclaration commune est prévue pour décembre.

La réunion du 16 novembre sera précédée par le comité de direction de l’EDA, lors de laquelle les ministres discuteront des moyens de renforcer le rôle de l'agence dans le domaine de l'innovation en matière de défense. Le comité devrait également adopter le mandat de négociation d'un nouvel arrangement administratif entre l'EDA et le ministère américain de la Défense. (Camille-Cerise Gessant)

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