Si la grande majorité des États membres ont exprimé leur soutien à la position de la Commission européenne selon laquelle la transition énergétique est la solution à la flambée actuelle des prix de l’énergie et non la cause de celle-ci, ils sont en revanche apparus divisés sur les mesures à mettre en œuvre au niveau de l’UE pour réduire les impacts socioéconomiques de cette inflation, mercredi 6 octobre, lors d’un débat entre les ministres de l’Environnement.
Cette discussion a débuté avec la présentation de propositions émanant de la Grèce (EUROPE 12803/4), de l’Espagne (EUROPE 12796/9) et de la Pologne (EUROPE 12802/1).
L’Espagne a ainsi rappelé sa proposition de recourir à des achats groupés de gaz fossile, en avançant l’idée d’une « plateforme partagée » pour l'achat de gaz.
Pour Madrid, il est clair que des « situations exceptionnelles » requièrent des « solutions exceptionnelles ».
« Nous devons faire tout ce qui est nécessaire (‘whatever it takes’) pour sauver notre plan de décarbonation », a même lancé la ministre espagnole de la Transition écologique, Teresa Ribera, reprenant la célèbre phrase de Mario Draghi.
Mais si l’Italie a soutenu l’idée d’une « plateforme européenne globale pour le gaz », la Belgique, quant à elle, s'est montrée réticente.
« Nous ne sommes pas convaincus, à ce stade, que des achats groupés puissent offrir réellement une solution et nous pensons que cette question requiert la poursuite de discussions au niveau du Conseil européen, comme cela est d’ailleurs prévu », a ainsi estimé la ministre wallonne de l'Environnement, Céline Tellier.
La Hongrie, la République tchèque et la Bulgarie, pour leur part, ont semblé soutenir la position de la Pologne appelant à examiner l’impact du système d’échange de quotas d’émission (ETS) de l’UE sur les prix pour les ménages.
De son côté, la Lituanie et la Lettonie ont exprimé de sérieuses réserves concernant la proposition grecque de mettre aux enchères une partie des quotas d’émission de la réserve de stabilité du marché du système ETS afin de bénéficier de nouvelles recettes rapidement.
D’autres États membres, tels que le Danemark, la Finlande, la Suède, le Portugal et les Pays-Bas, ont mis en garde contre le risque de prendre des décisions très radicales, qui pourraient avoir des conséquences néfastes à très long terme sur le marché de l’énergie et/ou le système ETS.
« Bien que nous nous félicitions des contributions et des propositions constructives des États membres, cette crise temporaire ne doit pas conduire à des interventions ad hoc susceptibles de saper la confiance dans le marché et de créer de l'incertitude parmi les investisseurs dans les technologies à faible émission de carbone », a déclaré, de son côté, le commissaire européen à l’Environnement, Virginijus Sinkevičius.
Il a en outre rappelé que la Commission allait prochainement – le 13 octobre selon le calendrier provisoire – fournir une analyse de la hausse des prix de l’énergie et une boîte à outils de mesures de court et de long terme qui peuvent être mises en œuvre pour faire face à la situation. (Damien Genicot)