Le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, n'a rien dévoilé du contenu des négociations en cours sur les plans de relance hongrois et polonais dans le cadre du Plan de relance européen Next Generation EU, mercredi 6 octobre, lors d'un débat en session plénière du Parlement européen.
« Notre Union est une région où chacun doit rendre des comptes, où la corruption doit être combattue, où les intérêts financiers de l'UE doivent être protégés, où les individus et les entreprises sont égaux devant la loi, où l'indépendance du secteur judiciaire doit être garantie. Et nous avons des inquiétudes sur la situation dans certains États membres », a simplement déclaré M. Gentiloni.
Il a rappelé que la Commission européenne analysait les plans de relance nationaux sur la base de onze critères inscrits dans le droit de l'UE. Et ces plans doivent notamment traiter une part substantielle des recommandations de politique socioéconomique émises aux États membres.
Le délai d'examen des plans de relance hongrois et polonais a été dépassé sans qu'une décision soit prise. Pour la Pologne, la question de l'indépendance du pouvoir judiciaire est fondamentale, comme l'est un arrêt attendu de la justice polonaise constamment reporté sur la primauté du droit de l'UE. Pour la Hongrie, l'existence de mécanismes garantissant le suivi de l'absorption de l'aide financière européenne, afin que celle-ci n'alimente pas la corruption, est au centre des négociations.
Les représentants des groupes politiques du PE ont réclamé le maximum de « transparence » dans l'utilisation de la Facilité RRF, l'instrument budgétaire du Plan de relance européen.
« L'argent du contribuable ne peut couler que si les règles de l'État de droit et les valeurs fondamentales européennes sont respectées », a souligné Siegfried Mureșan (PPE, roumain), faisant état d'une « très grande unité » du Parlement sur cette question. Pour Eider Gardiazabal Rubial (S&D, espagnole), compte tenu de l'attitude des gouvernements polonais et hongrois, il est très difficile d'envisager l'adoption de deux plans de relance, alors que le règlement liant respect de l'État de droit et budget de l'UE pourrait être activé à l'avenir contre Varsovie et Budapest.
À part Gunnar Beck (Identité et Démocratie, allemand), plus occupé à réclamer l'ouverture d'une procédure 'article 7' sur le respect de l'État de droit à l'encontre de son propre pays, Bogdan Rzońca (CRE, polonais) a estimé que le retard pris dans l'adoption du plan polonais « viole les principes de solidarité européenne ». Il a aussi critiqué l'opacité des discussions en cours. (Mathieu Bion)