Les eurodéputés ont exhorté l'UE à agir contre le gouvernement biélorusse d’Alexandre Loukachenko à la suite de son instrumentalisation de migrants et demandeurs d’asile pour faire pression sur les frontières européennes, lors d’un échange avec la commissaire aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, mardi 5 octobre en fin de matinée.
La commissaire, qui prenait la parole en l’absence de Josep Borrell, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, a rappelé les nombreuses actions entreprises par l'Union, notamment les sanctions estivales à la suite du détournement du vol de Ryanair orchestré par le président biélorusse (EUROPE 12749/12).
Pour elle, les récents agissements de M. Loukachenko sont une « preuve que les sanctions font mal », poussant le régime à répliquer avec des mesures « frénétiques ». L’Union doit rester ainsi « ferme », en accord avec les valeurs qu’elle défend, tout en protégeant ses frontières. Pour autant, elle n’est pas allée plus avant sur d’éventuelles nouvelles sanctions, pourtant réclamées par le Parlement européen.
À l’exception du groupe ID et du groupe CRE (ce dernier groupe n’étant pas représenté lors du débat par un parlementaire), tous les eurodéputés intervenant au nom de leur groupe ont pris la parole pour soutenir de nouvelles mesures contre le régime. À commencer par le Lituanien Andrius Kubilius, qui, au nom du groupe PPE, a réclamé des sanctions aussi contre le Kremlin - principal soutien au régime biélorusse - avec des mesures d’endiguement et de dissuasion à l’égard de la Russie.
Il a demandé en sus de traduire M. Loukachenko devant la Cour internationale de justice sur la base de la Convention de Chicago, celle de Montréal et la Convention contre la torture, un appel appuyé par l'Allemand Sergey Lagodinsky, au nom du groupe des Verts/ALE également. Ce dernier a estimé qu’il fallait empêcher toute exportation vers l’Union européenne et renforcer la coordination de la réponse entre les États membres.
Prenant la parole au nom du groupe ID, l’Estonien Jaak Madison a appelé à la modération, estimant que l’Union européenne essayait d’exporter et d’imposer son modèle à des États tiers. Pour ce dernier, cette crise montre surtout que l’Union européenne doit plus investir dans les infrastructures de ses frontières extérieures.
L’UE a déjà adopté plusieurs cycles de sanctions à l’encontre de la Biélorussie et de nouvelles mesures sont en préparation (EUROPE 12783/2). Les députés voteront une résolution jeudi. (Pascal Hansens)