La Présidence slovène du Conseil de l’Union européenne veut discuter avec les délégations dans le cadre du groupe de travail sur le terrorisme (TWP) au Conseil sur la manière de lutter contre la violence et le terrorisme de l’extrême gauche et de l’anarchisme dans l’Union européenne.
Dans un document, daté du 1er juillet et obtenu par EUROPE, la Présidence slovène n’hésite pas à ouvrir la question en commençant par le djihadisme, qui reste la plus grande menace terroriste actuellement, ajoute-t-elle.
Mais, alors que le Conseil ‘Justice et affaires intérieures’ (JAI) a déjà pris position en octobre 2019 pour lutter contre les violences et le terrorisme d’extrême droite, la Présidence note en creux qu’aucune prise de position n'a été faite en politiques intérieures face aux forces d’extrême gauche.
Elle constate pourtant que le Conseil, dans sa formation Affaires étrangères (CAE), en 2020, avait adopté des conclusions pour prévenir et contrer le terrorisme politique, « y compris la menace émanant de l'extrême droite ou de l'extrême gauche ».
Se fondant sur une étude d’Europol et du Centre de situation et de renseignement de l’UE (EU INTCEN) de 2021 (EUROPE 12753/8), la Présidence note une augmentation de l’activité violente en provenance de l’extrême gauche et de l’anarchisme.
Partant, l'objectif de ce document, indique la Présidence, est de poursuivre la discussion sur l'utilité de convenir d'une action spécifique de l'UE contre l'extrémisme violent de gauche et anarchiste et le terrorisme, « comme cela a été fait pour l'extrémisme violent de droite ». Le deuxième objectif est de savoir si les politiques au niveau international suffisent pour traiter le problème.
Une tentative d’instrumentalisation
Contactée par EUROPE, la coprésidente de La Gauche, Manon Aubry (française) a condamné l’approche de la Présidence slovène, y voyant la main du Premier ministre slovène. « (Janez) Janša cherche à instrumentaliser la Présidence slovène du Conseil de l'Union européenne pour alimenter son obsession contre la gauche », a-t-elle commenté.
Et de rappeler la situation au niveau national. « Nos camarades de Levica et de nombreux médias d'opposition progressistes ont déjà été inquiétés par son gouvernement et nous craignons d'assister à la naissance d'un régime autoritaire disqualifiant toute forme d'opposition en Slovénie, sur le modèle de la Hongrie de Viktor Orbán ».
Le document a été discuté avec les délégations, mercredi 7 juillet. Aucune information ne nous était parvenue pour l'heure sur le contenu des échanges avec les délégations. EUROPE y reviendra.
Pour consulter le document de discussion : https://bit.ly/3hoEUdu (Pascal Hansens)