Les députés européens ont dénoncé, jeudi 8 juillet, la répression à l’encontre des partis d’opposition turcs, notamment contre le Parti démocratique des peuples (HDP), pro-kurde, une répression « qui porte atteinte au bon fonctionnement du système démocratique ».
« L'affaire de la dissolution du HDP est le point culminant d'une répression contre le parti qui dure depuis plusieurs années et qui a vu des milliers de membres du parti, de cadres, de députés, de conseillers municipaux et de maires jugés, principalement sur des accusations liées au terrorisme », s’inquiètent les députés (EUROPE 12664/34) dans la résolution commune des groupes S&D, La Gauche, Verts/ALE, Renew Europe et PPE, adoptée en session plénière (603 voix pour, 2 contre et 67 abstentions).
Le Parlement dénonce aussi le recours « récurrent » à la révocation du statut parlementaire des députés de l'opposition, « qui nuit gravement à l'image du Parlement turc en tant qu'institution démocratique ».
Le gouvernement turc doit mettre fin à cette répression et veiller à ce que tous les partis politiques du pays puissent exercer librement et pleinement leurs activités légitimes, conformément aux principes fondamentaux d'un système pluraliste et démocratique, souligne le PE. Selon lui, le « grave recul » de la liberté de fonctionnement des partis d'opposition « révèle la situation désastreuse des droits de l'homme en Turquie et l'érosion continue de la démocratie et de l'État de droit, en violation des critères de Copenhague ».
Ainsi, alors que l’UE a proposé à Ankara un ‘agenda positif’, le PE prévient qu’outre les améliorations en matière de politique étrangère, les progrès pour un tel agenda « devraient également dépendre de l'amélioration de la situation des droits civils et humains et de l'État de droit dans le pays » (EUROPE 12721/5).
Voir la résolution : https://bit.ly/2UB4eUY (Camille-Cerise Gessant)