La Commission européenne est d'avis qu'à la faveur du déploiement des vaccins anti-Covid-19, le rebond de l'économie sera robuste en 2021, à hauteur de 3,8% du PIB pour la zone euro et de 3,7% du PIB pour l'Union européenne.
« Après la contraction observée dans presque tous les États membres, sauf l'Irlande, nous nous attendons à ce que le PIB augmente dans tous les pays en 2021 et 2022. C'est la fameuse lueur au bout du tunnel ! », a déclaré le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, jeudi 11 février, en présentant les prévisions économiques d'hiver de la Commission européenne.
M. Gentiloni a fait état d'un environnement actuellement « difficile » et incertain, mais où les risques sur l'économie sont désormais « plus équilibrés ». Un déploiement rapide des vaccins contre la pandémie, une consommation plus robuste que prévu lorsque les mesures de confinement seront progressivement levées au cours de 2021 et l'impact positif espéré du Plan de relance européen Next Generation EU (jusqu'à « 2% » de PIB additionnel pendant les années de pleine réalisation) stimuleraient favorablement la reprise.
En revanche, la persistance de variants du coronavirus malgré les vaccins, une crise économique et sociale qui laisserait « des cicatrices » plus profondes et la persistance des divergences entre les États membres compliqueront le retour de la croissance.
Par rapport à ses prévisions d'automne, la Commission a ainsi revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2021 (3,8% du PIB pour la zone euro et 3,7% du PIB pour l'UE) et à la hausse celles pour 2022 (respectivement 3,8% et 3,9%), alors que l'année 2020 a été marquée par une forte récession (-6,8% et -6,3%). L'année prochaine, la croissance pourrait même retrouver son niveau d'avant-crise plus rapidement qu'elle l'estimait à l'automne 2020.
Les divergences sont fortes selon les États membres. Avec 3,0% de croissance en 2020, l'Irlande est la seule économie dans l'UE à avoir crû pendant l'année. En comparaison, les pays plus dépendants des transports et du tourisme ont connu une forte récession : -11,0% du PIB en Espagne, -10,0% du PIB en Grèce. En Italie, la récession s'est élevée à -8,8%, en France à -8,3%. Elle a été moins marquée en Allemagne (-5,0%) et aux Pays-Bas (-4,1%).
Pour 2021, les divergences seront moindres, avec une croissance dans les Vingt-sept située entre 1,8% du PIB aux Pays-Bas et 5,6% en Espagne.
Concernant l'inflation, la Commission prévoit que la hausse des prix, après une quasi-stagnation en 2020 (0,3%), reparte à la hausse en 2021 (1,4%) et se maintienne en 2022 (1,3%) dans la zone euro.
Dans ces circonstances, le commissaire a préconisé le maintien des mesures de soutien public à l'économie « suffisamment longtemps » pour ne pas handicaper la reprise, même si ces mesures ont vocation à rester « temporaires ».
Depuis le déclenchement de la pandémie, le Pacte de stabilité et de croissance est gelé et l'encadrement des aides d'État a été assoupli afin que les États membres puissent dépenser sans entrave pour affronter la Covid-19 et ses conséquences économiques et sociales. Au total, les mesures budgétaires cumulées atteignent 4% du PIB de l'UE et les garanties publiques octroyées 19%, une situation ayant provoqué un fort endettement public.
D'après M. Gentiloni, le débat sur le positionnement budgétaire idoine au niveau européen aura lieu « dans les semaines à venir ». Sans se prononcer explicitement, il a quand même glissé que « les difficultés ne disparaîtront pas à la fin de l'année en cours ».
Italie. Interrogé sur la situation politique en Italie, l'ancien président du Conseil italien a exprimé sa « confiance » dans la capacité d'un éventuel gouvernement « européiste » dirigé par l'ancien président de la BCE, Mario Draghi, à aller « dans la bonne direction ».
Et de relever que, selon les autorités du pays, le plan de relance italien en cours d'élaboration dans le cadre de Next Generation EU pourrait apporter un surplus de croissance économique de 0,6% du PIB national que les prévisions économiques d'hiver pour l'Italie ne prennent pas en compte (croissance de 3,4% du PIB en 2021) (EUROPE 12635/10).
La Commission présentera ses prévisions économiques de printemps en mai.
Voir les prévisions économiques d'hiver : http://bit.ly/3qb9zgl (Mathieu Bion)