Le Haut Représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a condamné « avec la plus grande fermeté », mardi 2 février, au nom de l’UE, le coup d’État militaire perpétré en Birmanie (EUROPE 12648/4).
« Il s’agit d'une tentative inacceptable de renverser par la force la volonté du peuple de Birmanie », a dénoncé le Haut Représentant. Estimant que les élections législatives de novembre avaient marqué une étape importante dans la transition démocratique du pays, il a expliqué que toute allégation d'irrégularité de vote devait être réglée par les voies légales et administratives appropriées.
Selon les militaires, des irrégularités généralisées auraient eu lieu lors du scrutin de novembre (EUROPE 12647/18).
« Annuler le choix du peuple birman par la force est illégal, contraire aux principes de la démocratie et fait reculer le pays », a estimé M. Borrell, prévenant que l’UE examinerait « toutes les options à sa disposition pour faire prévaloir la démocratie ». Il n’a donné aucun détail supplémentaire, alors que l’UE a déjà adopté des sanctions à l’encontre du pays.
L’UE a également appelé les militaires à libérer immédiatement et sans condition le président Win Myint et la conseillère d'État Aung San Suu Kyi, à faire preuve d'un maximum de retenue, à rétablir les télécommunications et à respecter les droits de l'homme, la liberté d'expression, les libertés fondamentales et l'État de droit. « Nous leur demandons également de mettre immédiatement fin à l'état d'urgence, de rétablir le gouvernement civil, d'ouvrir le Parlement nouvellement élu et de procéder aux nominations ultérieures du président, des vice-présidents et du nouveau gouvernement », a énuméré le Haut Représentant.
L’UE se dite prête à soutenir le dialogue avec tous les acteurs essentiels qui souhaitent résoudre « de bonne foi » la crise politique et revenir à l'ordre constitutionnel.
L'Union européenne s'attend à ce que la sécurité des citoyens de Birmanie et de ses États membres soit assurée à tout moment, a également prévenu M. Borrell. (Camille-Cerise Gessant)