Le 8e programme d’action pour l’environnement (8e PAE) de l’UE pour la prochaine décennie, proposé par la Commission européenne en octobre 2020 pour offrir à l'UE et à ses États membres un cadre de suivi de la politique environnementale de l'UE à l’horizon 2030 (EUROPE 12581/7), devrait tendre vers la durabilité et l’économie du bien-être, selon un nouveau projet de décision du Conseil et du Parlement, vu par EUROPE.
Ce projet, daté du 22 janvier, est le fruit d’un compromis - le troisième du genre - concocté par la Présidence portugaise en intégrant les contributions écrites des experts du groupe de travail 'Environnement' du Conseil.
Comparé à la mouture précédente (EUROPE 12644/5), il met davantage l'accent sur la durabilité et étoffe sensiblement les objectifs en les précisant.
Ainsi, le 8e PAE devrait à la fois soutenir les objectifs du 'Pacte vert' européen, conformément à l'objectif à long terme de 'vivre bien, dans les limites de la planète' d'ici 2050 et contribuer à la réalisation de l'Agenda 2030 des Nations Unies et de ses objectifs de développement durable (ODD).
Il rappelle que le Green Deal européen sous-tend le Plan de relance de l'UE de la prochaine génération, qui encourage les investissements dans les secteurs clés nécessaires à la transition verte et numérique pour renforcer la résilience et créer de la croissance et des emplois dans une société équitable et inclusive.
Le 8e PAE devrait accélérer la transition vers une économie du bien-être, souligne le texte. Il précise en outre que l'activité économique devrait se développer de manière à ne pas nuire, mais, au contraire, à inverser le changement climatique et la dégradation de l'environnement, à protéger, à utiliser de manière durable et à restaurer la biodiversité, à atteindre la neutralité en matière de dégradation des sols, à prévenir ou, lorsque ce n'est pas possible, à réduire au minimum la pollution et à maintenir et à enrichir le capital naturel, à promouvoir une bioéconomie durable.
Si les six priorités thématiques du 8e PAE sont confirmées, le texte ajoute la lutte contre la désertification et la dégradation des sols à l'objectif 5 (protéger, préserver et restaurer la biodiversité et renforcer le capital naturel, notamment l'air, l'eau, le sol et les écosystèmes forestiers, d'eau douce, de zones humides et marines).
Le suivi des progrès accomplis devrait se faire sur la base des données et des indicateurs les plus récents, selon une approche systémique qui soit cohérente avec les outils de suivi ou de gouvernance existants, qu'il s'agisse d'environnement ou de climat.
Par ailleurs, le compromis insiste sur l'importance que revêtent l'action des autorités locales et régionales, celle des ONG et la participation du secteur privé pour assurer le succès du 8e PAE.
L'approbation du projet de décision, quand il sera finalisé, est programmée pour la réunion du Conseil 'Environnement' du 18 mars, comme l'espère la Présidence portugaise. (Aminata Niang)