Alors que, de ses propres aveux, son séjour à Moscou en fin de semaine est « controversé », le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a plaidé pour un dialogue avec la Russie, lundi 1er février.
« Malgré tout ce que l’on peut dire, la Russie reste un voisin, un partenaire de première importance avec qui il faut maintenir le dialogue si nous voulons vraiment devenir un acteur global et peser sur la Syrie, la Libye, le Haut-Karabakh, la Biélorussie ou encore l’Ukraine », a-t-il expliqué lors d’une conférence organisée par la Fondation Schuman.
Selon lui, la Russie et la Turquie sont dans un processus d'« 'Astanisation' » du monde : en Syrie, en Libye, et maintenant au Haut-Karabakh. L'expression 'Astanisation' fait référence au processus de dialogue d'Astana, mis en place en Syrie entre la Russie et la Turquie.
« Si on veut peser, il faut s’engager. On ne peut pas dire: 'Je ne vous aime pas, je reste dans mon coin', car on n’arrange rien », a insisté M. Borrell.
Par ailleurs, le Haut Représentant a mis en avant la nécessité de collaborer aussi avec la Chine. « Ignorer, s’isoler de la Chine n’est pas une option. Rien ne peut remplacer la collaboration avec Pékin sur des questions comme le changement climatique, la Covid-19 ou l’allègement de la dette des pays pauvres », a-t-il expliqué. (Camille-Cerise Gessant)