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Bulletin Quotidien Europe N° 12648
ACTION EXTÉRIEURE / Birmanie

Les Européens condamnent le coup d’État

Les responsables de l'UE ont condamné, lundi 1er février, le coup d’État en cours en Birmanie, mené par la puissante armée (Tatmadaw), dimanche 31 janvier, alors que le nouveau Parlement, élu en novembre, devait entrer en fonction ce 1er février. Le Tatmadaw a déclaré l'état d'urgence pour un an.

Condamnant « fermement » le coup d’État des Tatmadaws, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a estimé qu’il s’agissait d’une « violation manifeste de la constitution du pays et d'une tentative de l'armée de renverser la volonté du peuple birman et son attachement profond à la démocratie, tel qu'il s'est exprimé lors des élections générales de novembre 2020 ». « Les actions menées par le Tatmadaw rappellent les souvenirs douloureux des décennies précédentes. La démocratie doit prévaloir », a-t-il regretté dans un communiqué.

Le Haut Représentant a exigé la libération immédiate et sans condition du président Win Myint, de la conseillère d'État Aung San Suu Kyi et de toutes les autres personnes arrêtées. Il a prévenu que l’UE demandait le rétablissement « immédiat » du gouvernement civil légitime de Birmanie et l'ouverture rapide du Parlement avec la participation de tous les représentants élus, comme le prévoit la constitution.

L'UE consulte et réfléchit à sa réponse

Le Haut Représentant a indiqué être en contact avec ses partenaires internationaux sur « cette question des plus urgentes » afin d'assurer une « réponse coordonnée ».

Interrogée sur la possibilité d’adopter des sanctions en réponse au coup d’État, la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, Nabila Massrali, s’est refusée à spéculer, rappelant que la décision appartenait au Conseil de l’UE, à l’unanimité. « L’UE est en train d'examiner toutes les options possibles en ce qui concerne les sanctions pour répondre de manière prompte à la situation », a-t-elle cependant expliqué.

À l'encontre de la Birmanie, l’UE a déjà mis en place un embargo sur les armes et les équipements susceptibles d'être utilisés à des fins de répression interne, une interdiction d’exportation de biens à double usage en vue d’un usage militaire ou par la police des frontières et des restrictions à l’exportation d’équipements destinés à la surveillance des communications susceptibles d’être utilisées à des fins de répression interne. Quatorze officiers de haut rang des Tatmadaw et de la police des frontières, que l’UE juge responsables (ou associés à la perpétration) de graves violations des droits de l’homme sont également soumis à des sanctions. Ces mesures sont en vigueur jusqu’au 30 avril prochain.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et les présidents du Conseil européen et du Parlement européen ont également condamné le coup d’État, sur Twitter, et appelé à la libération des personnes emprisonnées. Tous ont rappelé l’importance du respect du résultat des élections de novembre dernier (EUROPE 12598/6).

Les présidents de la commission des affaires étrangères du Parlement européen et de la délégation de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE), les eurodéputés allemands du groupe PPE, David McAllister et Daniel Caspary, ont fait de même, rappelant également le soutien politique et financier de l’UE depuis 2015 au processus de transition démocratique et en faveur de la promotion de la paix, des droits de l’homme et du développement dans le pays.

Sur la période 2014-2020, l’UE a alloué à la Birmanie 688 millions d'euros pour le développement et le pays bénéficie de préférences commerciales dans le cadre du programme ‘Tout sauf les armes’, ont-ils détaillé.

« Malheureusement, toutes ces évolutions positives ont été brusquement inversées par les événements de la nuit », ont regretté MM. McAllister et Caspary.

Le 29 janvier, plusieurs délégations présentes en Birmanie, dont la délégation de l’UE et celles de neuf États membres, avaient appelé au respect des normes démocratiques, craignant un tel coup d’État (EUROPE 12647/18). (Camille-Cerise Gessant)

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