Il est de la plus haute importance d’améliorer la disponibilité et la qualité des données concernant l’industrie du bois, en particulier l’utilisation du bois à des fins énergétiques, conclut une étude du Centre commun de recherche (JRC) de la Commission européenne publiée le 25 janvier.
Selon cette étude, les émissions de l’Union européenne provenant de la combustion de la biomasse ligneuse se situaient entre 350 et 380 millions de tonnes de CO2 en 2015. Or, pour la même année, les auteurs évaluent les émissions de gaz à effet de serre d’origine fossile « évitées » par l’utilisation de la bioénergie à un niveau compris entre 250 et 270 Mt de CO2.
« La bioénergie à base de bois émet effectivement plus de GES par unité d’énergie lorsqu’elle est brûlée que l’énergie fossile équivalente substituée », indique par conséquent le document.
Néanmoins, si elle est « instructive », cette comparaison entre les émissions de la biomasse et les émissions d’origine fossile « ne permet pas à elle seule de tirer des conclusions sur l’impact négatif ou positif de la bioénergie forestière sur le climat », soulignent les auteurs. Ils expliquent qu’il faut tenir compte de la composition réelle du mix de biomasse ligneuse et de son évolution.
En 2015, la biomasse ligneuse secondaire (sciure, copeaux, bois de récupération post-consommation…) a contribué à au moins 49% du total du bois utilisé à des fins énergétiques en 2015, contre au moins 37% pour le bois primaire, selon le JRC. Les 14% restant sont de la biomasse ligneuse dont l’origine n’est pas connue, mais qui « est plus probablement constituée de bois primaire que de bois secondaire ».
En outre, alors que l’utilisation de la biomasse ligneuse à des fins énergétiques a augmenté d’environ 34% entre 2009 et 2015, le taux de croissance de l’utilisation de la biomasse ligneuse secondaire n’a été que de 20%. La quantité de biomasse ligneuse non classée utilisée à des fins énergétiques a, en revanche, augmenté de plus de 52% au cours de la même période.
Or, les auteurs rappellent que donner la priorité aux résidus et à une utilisation ‘en cascade’ du bois « reste essentiel pour maximiser l’impact positif de la bioénergie forestière sur le climat ».
En conclusion, ils insistent sur la nécessité de palier aux lacunes dans les données : « Dans l'ensemble, une plus grande certitude sur la composition du mélange bioénergétique est une condition préalable pour accroître la confiance dans l'impact climatique positif de la bioénergie à base de bois actuellement utilisée dans l'UE ».
Voir l’étude : https://bit.ly/3rbWOCp (Damien Genicot)