La Commission européenne invite les États membres à ne pas relâcher leurs efforts contre la Covid-19 à l'approche des fêtes de fin d'année. Dans une communication publiée le 2 décembre, elle leur suggère, par exemple, de continuer à interdire les rassemblements de masse et à introduire des critères clairs pour les plus petits événements, comme les réunions de famille.
« Les festivités de cette fin d'année seront différentes, c'est inévitable. Cette année, sauver des vies doit passer avant tout. (...) Nous ne pouvons pas prendre le risque de voir des célébrations de Noël ou du Nouvel An devenir des événements super-propagateurs », a déclaré la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides.
Une approche prudente
La communication de la Commission plaide pour le maintien des mesures de restriction actuellement en vigueur. Elle rappelle la formule des 3 C : éviter les espaces clos (closed spaces), les lieux bondés (crowded places) et les contacts de trop près (close contacts).
Elle rappelle les conclusions d'une étude prospective réalisée par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) qui indique qu'un assouplissement de ces mesures au 21 décembre entrainera une augmentation des admissions à l'hôpital dès la première semaine de janvier 2021 (EUROPE 12607/2).
Le texte balaie, comme toujours, un large éventail de questions, des applications de traçage aux stratégies de dépistage et de vaccination. Outre les dispositions liées aux rassemblements, on retiendra le soutien au port du masque, aux couvre-feux et aux bulles familiales.
Le texte ajoute que, si les États membres choisissent quand même d'assouplir leurs mesures pour les fêtes de fin d'année, ils devraient prévoir des critères stricts d'auto-quarantaine 7 jours avant et après l'événement. Les États membres pourraient également envisager d'étendre les vacances scolaires ou d'introduire une période d'apprentissage en ligne pour permettre à ceux qui passent les fêtes dans un autre pays de ne pas représenter un danger.
Et le ski ?
La communication ne fait toutefois aucune référence explicite aux voyages vers les stations de ski, malgré les appels du pied faits par la France, l'Allemagne et la Belgique durant la visioconférence des ministres de la Santé (voir article séparé). « Nous savons très bien ce qui s'est passé cette année en février-mars, lorsque les gens sont revenus du ski et ont, sans le savoir, ramené le virus dans leurs bagages », a d'ailleurs lâché le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, lors de la conférence de presse suivant la réunion ministérielle. L'Allemand en a d'ailleurs profité pour féliciter l'Autriche, qui a annoncé, le matin même, sa décision d'autoriser l'accès à ses pistes de ski après le 24 décembre tout en gardant les hôtels fermés jusqu'au 7 janvier. Au cours de la discussion au Conseil 'Santé', la France, quant à elle, a plaidé pour une « réouverture prudente et séquencée des stations de ski ». Jusqu'ici, elle prévoyait d'autoriser l'ouverture de ses stations, sans activer les remontées mécaniques.
Pour la commissaire Kyriakides, qui préfère parler de « tourisme d'hiver », il convient de continuer à appliquer une approche prudente. La communication, elle, s'en tient aux critères de la recommandation d'octobre sur les restrictions de voyage, qui favorise des mesures « proportionnées et non-discriminatoires » (EUROPE 12580/6). Elle ajoute que, si « des exigences de quarantaine sont imposées pour les voyages à partir d'une zone à haut risque, il convient d'envisager de raccourcir le temps de quarantaine requis si un test PCR négatif est obtenu 7 jours après le retour ».
Pas de quarantaine ou de dépistage pour les voyages en avion
Le même jour, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l'Agence de la sécurité aérienne de l'Union européenne (AESA) ont également publié des lignes directrices pour les tests Covid-19 et la quarantaine des voyageurs aériens (EUROPE 12612/19). Dans cet addendum au protocole de sécurité sanitaire de l'aviation de mai 2020, les deux agences soulignent que les voyageurs devraient être traités de la même manière que les résidents locaux et être soumis aux mêmes réglementations ou recommandations que celles appliquées à la population locale.
Présente à la réunion des ministres de la Santé, la directrice du centre, Andrea Ammon, s'est décrite comme « prudemment optimiste » par rapport à l'évolution de la pandémie en Europe. Elle a mis en avant une diminution générale des taux de notification sur 14 jours et des taux de positivité. Elle a toutefois indiqué que les décès sur 14 jours et le taux d'occupation des lits en soins intensifs, eux, continuaient bel et bien à augmenter.
Voir la recommandation sur la période d'hiver : https://bit.ly/2HZHEz9 et l'addendum sur les voyages en avion : https://bit.ly/3qlBjzC (Sophie Petitjean)