Lors de leur visioconférence sur une Union de la santé, mercredi 2 décembre, les ministres de la Santé des États membres de l'UE ont accueilli positivement l'idée de renforcer le Centre européen de contrôle des maladies (ECDC) et l'Agence européenne des médicaments (EMA), tout en appelant à bien respecter le partage des compétences entre l'UE et les États membres (EUROPE 12600/24).
Plusieurs États membres, à l'instar de la France, du Luxembourg, de la Slovénie, de Chypre ou encore de l'Estonie, ont appelé à garder de la cohérence et à éviter les doublons.
Pour rappel, la Commission a proposé, le 11 novembre dernier, de donner davantage de compétences et de ressources à l'EMA et à l'ECDC. Elle a également réitéré son intention de présenter fin 2021 une 'Autorité de l'UE de préparation et de réaction en cas d'urgence sanitaire' (HERA), sur le modèle de la BARDA américaine.
Or, pour la Finlande, cette agence pourrait faire double emploi avec le mandat du Mécanisme de protection civile. Le Danemark, quant à lui, s'est opposé à une politique trop interventionniste de l'UE, notamment via les stress tests annoncés dans le projet de règlement sur les menaces sanitaires transfrontalières. L'Espagne a appelé à donner plus de poids au comité de sécurité sanitaire. D'une manière générale, plusieurs États membres, à l'instar de la France, se sont montrés favorables à une évaluation du volet 'gouvernance' de ce paquet.
Interrogée sur un possible camouflet (pushback) pour la Commission, la commissaire Stella Kyriakides a affirmé qu'il était normal d'avoir des questions et des inquiétudes. « D'une manière générale, je dirais que ce paquet a été très bien accepté. Nous sommes tous d'accord pour dire que le contexte est totalement différent et qu'on doit voir dans cette crise une opportunité ».
Sous couvert d'une anecdote, la délégation maltaise a d'ailleurs souligné un véritable changement d'état d'esprit, en référence aux « discussions en coulisses il y a deux ans sur la pertinence même de la DG santé, à la Commission européenne ». (Sophie Petitjean)