Alors que l’Union pour la Méditerranée (UpM) vient de fêter ses 25 ans, le Conseil européen devrait, les 10 et 11 décembre, souligner sa volonté de renouveler son partenariat avec les pays de la région.
« Les priorités stratégiques de l'UE exigent un partenariat renouvelé et renforcé avec le voisinage méridional. Nous sommes prêts à engager un dialogue constructif avec nos partenaires de la région à cette fin », précise un projet de conclusions du Conseil européen daté du 1er décembre et obtenu par EUROPE.
Selon les dirigeants, les travaux seront guidés par l'Agenda stratégique 2019-2024 et les principes essentiels de la politique de voisinage et soutenus par une utilisation efficace des instruments financiers de l’UE. « Au-delà de la réponse aux conséquences de la pandémie de Covid-19, cela devrait conduire à l'identification de domaines spécifiques de coopération avec un ensemble de résultats concrets », précise le Conseil européen. Il se dit déterminé à renforcer les synergies avec l'UpM dans le cadre de sa coopération et de son dialogue avec la région.
Les dirigeants précisent attendre avec intérêt la communication commune de la Commission et du Haut Représentant sur un partenariat renouvelé avec le voisinage méridional, attendue pour le printemps.
Afin de préparer cette communication, le commissaire au Voisinage, Olivér Várhelyi, s’est rendu, le 1er décembre, au Maroc. « Nous avons en tête une nouvelle vision de notre partenariat, une nouvelle vision qui doit être capable d’influencer la réalité économique, la réalité sociale dans les 4-5 ans qui viennent », a-t-il expliqué devant la presse avec le ministre des Affaires étrangères marocain, Nasser Bourita. Selon le commissaire, le partenariat doit aussi porter sur le 'Pacte vert', la numérisation, l'éducation ou encore le renforcement de l'industrie.
M. Bourita a salué le fait que les pays partenaires soient consultés. Selon lui, la politique de voisinage ne doit pas être perçue uniquement sous l’angle financier, mais aussi sous l’angle d’un « partenariat réel, d’une meilleure appropriation et d’une meilleure implication des pays du voisinage dans l’élaboration des décisions qui ont un impact sur leur économie et leur développement et qui sont prises par l’UE dans cadre de sa propre politique ». Le ministre a aussi souhaité que le contenu de cette politique soit plus orienté vers un impact direct sur l’économie et la société.
MM. Várhelyi et Bourita ont également discuté des relations entre l’UE et le Maroc. M. Bourita a précisé que son pays entendait préserver les quatre espaces de relations avec l'UE (convergence des valeurs, convergence économique et de cohésion sociale, connaissances partagées et concertation politique et coopération accrue en matière de sécurité - EUROPE 12284/1), avec des axes horizontaux comme le numérique, l’économie ou la migration. « Pour nous, c’est une structuration toujours pertinente qui doit être alimentée par des projets concrets », a-t-il ajouté.
Le commissaire a précisé que l’UE aimerait aider le pays dans la gestion de la situation migratoire. (Camille-Cerise Gessant)