Les négociations entre la Commission et le Royaume-Uni sur la future relation post-Brexit n’ont pas encore permis d’aplanir les divergences persistantes sur les règles du jeu équitables, la pêche et la gouvernance, a confié, mercredi 2 décembre, le négociateur de l’UE, Michel Barnier, aux ambassadeurs nationaux auprès de l’UE, selon plusieurs sources.
Les discussions vont donc continuer dans les prochains jours pour surmonter ces obstacles, mais certains États membres n’ont pas non plus caché, à l’issue de cette discussion, qu’ils préfèreraient attendre encore quelques mois plutôt que de signer un mauvais accord. « Mieux vaut un bon accord plus tard qu’un mauvais accord trop tôt », a dit un diplomate.
Dans ce contexte, les négociations pourraient bien se poursuivre en 2021 ; la Commission devrait par conséquent soumettre rapidement de nouvelles mesures de préparation au no deal pour les secteurs non encore couverts et touchés par une potentielle absence d’accord au 1er janvier. « C’est ce que l'on a demandé », ajoute le diplomate.
Le ton de Michel Barnier n’était « ni pessimiste ni optimiste » mercredi, a dit une autre source, mais le négociateur de l’UE a indiqué que les deux parties arrivaient bel et bien au moment de vérité.
Michel Barnier a également dû rassurer sur le fait qu’il défendrait bien les intérêts de l’UE alors que certains pays expriment depuis plusieurs jours leurs craintes que la recherche de compromis nuise à la partie UE, en particulier sur la pêche.
Selon la RTE, la télévision irlandaise, il aurait en tout cas confié aux ambassadeurs que l’adoption par le Royaume-Uni, la semaine prochaine, de la loi sur les finances pourrait nuire aux discussions. Cette loi pourrait donner des pouvoirs au gouvernement britannique outrepassant les termes de l’accord de retrait.
Le négociateur de l’UE a également informé les eurodéputés dans la matinée. Selon des sources parlementaires, la question d’un no deal, même court au début 2021, et celle de la poursuite des négociations l’année prochaine a bien été évoquée. Pour le PE, il semble également clair que, sans accord à la fin de cette nouvelle semaine de négociations, « il y aura le no deal », le PE étant dans l’incapacité de ratifier un texte.
En ce qui concerne le contenu des négociations, Michel Barnier a confirmé que des difficultés subsistent avec la clause de non-régression, les règles du jeu équitables et au sujet de la pêche.
L’utilisation politique par Londres de ce dernier dossier pose en effet problème : les mesures de compromis proposées jusqu’ici sur la pêche n’ont pas été retenues, le Royaume-Uni réclamant toujours une part non acceptable pour les Européens. Et sans « accord équitable sur la répartition des quotas de pêche, le risque est réel de se retrouver sans accord » général, aurait fait savoir Michel Barnier. (Solenn Paulic)