Les contaminations par coronavirus risquent de repartir à la hausse, si les États membres de l'UE assouplissent trop vite les mesures de restriction, met en garde le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) dans un rapport publié lundi 23 novembre.
Il s'agit d'une étude prospective qui modélise différents scénarios jusqu'au 25 décembre, selon que les États membres conservent les mesures de restriction actuelles, limitent drastiquement les contacts comme en avril 2020 ou lèvent les mesures d'ici aux fêtes de fin d'année.
« Si les mesures récemment introduites sont levées le 21 décembre 2020, nous prévoyons qu'une augmentation des hospitalisations liées au Covid-19 pourrait survenir dès la première semaine de janvier 2021. Si les mesures étaient levées plus tôt, le 7 décembre 2020, l'augmentation associée pourrait commencer avant le 24 décembre », indique l'ECDC.
Lors du sommet européen informel, jeudi dernier, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait annoncé qu'elle prévoyait de présenter une proposition pour une approche progressive et coordonnée pour la levée des mesures de confinement (EUROPE 12605/2).
Dans l'attente d'un vaccin
Bien qu'elle rappelle qu'il ne s'agit pas d'une solution miracle (golden standard), l'Union européenne mise largement sur un vaccin pour endiguer l'épidémie.
La Commission a déjà réservé préventivement des doses auprès de 5 producteurs (AstraZeneca, Sanofi, Johnson&Johnson, Pfizer-BioNTech et CureVac) au nom des États membres et est en bonne voie pour conclure un sixième contrat avec Moderna.
Parmi ces candidats, BioNTech et Moderna ont déjà annoncé que l'efficacité de leur candidat vaccin dépassait 90% et lundi 23 novembre, AstraZeneca a indiqué que son candidat vaccin atteignait « 70% en moyenne », à la suite d'un essai clinique réalisé auprès de 20 000 personnes.
« Bien que j'aie une grande confiance dans les projets de BioNTech/Pfizer et Moderna, il est néanmoins bon que nous ayons également un candidat vaccin qui utilise une technique différente », a commenté l'eurodéputé Peter Liese (PPE, allemand), soulignant que le candidat d'AstraZeneca utilisait une technologie plus traditionnelle, ce qui rend son candidat moins coûteux et plus facile à stocker.
La procédure de passation commune de marché à la peine
Dans le dernier compte-rendu du comité de sécurité sanitaire (CSS), qui date de fin octobre, mais qui vient tout juste d'être publié, on apprend que la procédure de passation commune de marché semble bloquée.
Le document rappelle en effet que les pays participant à ce mécanisme (soit 37 au total) peuvent commander « un grand nombre de gants, de combinaisons, de lunettes, d'écrans faciaux, de masques FFP2 et FFP3, de masques chirurgicaux, de ventilateurs, 30 types de matériel de laboratoire et du remdésivir. Des contrats sont également en cours de signature pour les médicaments pour les soins intensifs ». Mais il ajoute que seulement 10 pays ont tiré parti de ces contrats et qu'il reste 90% de stock disponible.
Il annonce pourtant qu'un nouvel « achat commun de matériel médical pour la vaccination est également en cours d'évaluation ».
À noter, en ce qui concerne le remdésivir, que la Commission européenne continue de soutenir son utilisation, malgré l'avis négatif remis par l'Organisation mondiale de la santé.
Voir l'étude de l'ECDC : https://bit.ly/33qZrqL et le compte-rendu du CSS : https://bit.ly/3pWqLq6 (Sophie Petitjean)