Si la qualité de l'air s'est améliorée ces denières décennies grâce aux politiques menées à l'échelle de l'Union européenne, il y a encore fort à faire pour réduire le nombre de décès prématurés dus à ce fléau et en limiter les dégâts pour la nature, selon le rapport de l'Agence européenne de l'environnement, publié lundi 23 novembre.
Ce rapport 2020 analyse les données des dernières années dans 41 pays européens, celles rapportées par les différents pays, mais aussi celles fournies par la surveillance satelittaire du programme Copernicus.
Il note qu'il subsiste un écart entre les limites légales de qualité de l'air de l'UE et les lignes directrices de l'OMS.
Aligner la législation de l'UE sur les normes de l'OMS. « Si nous voulons réussir et protéger pleinement la santé des personnes et l'environnement, nous devons réduire davantage la pollution atmosphérique et aligner davantage nos normes de qualité de l'air sur les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé. C'est pourquoi l'ambition zéro pollution pour un environnement non toxique est si importante», a souligné le commissaire à l'Environnement, Virginijus Sinkevičius, en conférence de presse. Et de rappeler qu'une consultation publique a été lancée sur le futur plan d'action zéro pollution de l'air, du sol et de l'eau, initiative clé du Pacte vert européen (EUROPE 12574/17).
« Nous espérons de nombreuses contributions pour identifier les solutions les plus efficaces. Le plan d'action inclura la modernisation de la législation sur la qualité de l'air qui sera présentée au deuxième semestre 2022 », a-t-il précisé.
Le commissaire a assuré que tous les outils seraient utilisés pour redresser la barre, notamment le dialogue avec les États membres et les procédures d'infraction, mais aussi des actions concertées avec tous les acteurs pour développer de nouveaux réflexes, dans tous les secteurs : les transports, l'agriculture, l'industrie, l'énergie.
« La tendance générale est positive, les concentrations de polluants diminuent, il y a moins de dépassements des valeurs limites. C'est clairement lié aux politiques européennes qui ont conduit à des investissements dans les technologies dans de nombreux secteurs, mais l'ozone troposphérique reste problématique. Et pour ce qui concerne la pollution par l'ammoniaque dans l'agriculture, sa réduction est plus lente que dans d'autres secteurs », a souligné le directeur exécutif de l'AEE, Hans Bruyninckx, aux côtés de M. Sinkevičius.
Covid-19 et qualité de l'air. Ce rapport donne aussi un aperçu des liens entre la pandémie de Covid-19 et la qualité de l'air. L'évaluation distingue les changements de concentration résultant des mesures de confinement de tout changement dû aux conditions météorologiques.
Il montre que les concentrations de dioxyde d'azote (NO2) ont été considérablement réduites en avril 2020, avec des variations énormes au sein des villes et entre les villes et les pays, mais des réductions supérieures à 60% ont été observées dans certains cas. Les concentrations de particules PM10 étaient également plus faibles dans l'ensemble de l'Europe en avril, jusqu'à 30% dans certains pays.
L'impact imputable à l'exposition de la population au NO2 dans ces 41 pays européens en 2018 est estimé à environ 55 000 décès prématurés (environ 54 000 dans l'UE-28). Pour le NO2, une comparaison avec les impacts de 2009 (120 000 décès prématurés en Europe et 117 000 dans l'UE-28) montre que les décès prématurés ont diminué de 54%.
Enfin, on estime que l'exposition à l'O3 au niveau du sol a causé 20 600 décès prématurés en 2018 en Europe et 19 400 dans l'UE-28, soit une augmentation de 20% pour l'Europe et de 24% pour l'UE-28 sur la base des chiffres de 2009 (17 100 décès prématurés en Europe et 15 700 dans l'UE-28). Cette augmentation entre ces deux années spécifiques peut être attribuée à la forte influence des températures élevées sur les concentrations d'O3 au cours de l'été 2018.
Pour voir le rapport en anglais : https://bit.ly/2ITvI2F (Aminata Niang)