Selon une application relativement nouvelle du potentiel de réchauffement planétaire (PRP) des gaz à effet de serre, les impacts hors CO2 de l’aviation réchauffent le climat à un rythme environ trois fois supérieur aux émissions de CO2 du secteur, indique un rapport de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) commandé par la Commission européenne et publié lundi 23 novembre.
« Cela confirme que les émissions de carbone ne sont que la partie émergée de l’iceberg lorsqu’on prend en compte l’impact de l’aviation sur le climat », a réagi Jo Dardenne, responsable de l’aviation pour l’ONG Transport & Environment (T&E).
Provenant des émissions d’oxydes d’azote (NOx), des particules de suie et de soufre, ainsi que de la vapeur d’eau, ces impacts hors CO2 de l’aviation sur le climat présentent un forçage radiatif net positif (c’est-à-dire leur propension à réchauffer la planète) qui représente plus de la moitié (66%) du forçage net de l’aviation en 2018, souligne en outre le document.
Or, contrairement aux émissions de CO2, ces facteurs ne sont pas couverts par le système d’échange de quotas d’émission (ETS) de l’Union européenne en raison des incertitudes scientifiques quant à la quantification de leurs impacts sur le climat.
Néanmoins, l’article 30 de la directive révisée relative à l’ETS (2018/410) obligeait la Commission à présenter « une analyse actualisée des effets hors CO2 de l’aviation, accompagnée, le cas échéant, d’une proposition sur les meilleurs moyens d’y remédier ».
Le rapport publié lundi analyse ainsi la possibilité d’une redevance monétaire sur les émissions totales de NOx sur l’ensemble d’un vol, l’inclusion des émissions de NOx des avions dans l’ETS ou encore l’utilisation obligatoire de carburants d’aviation « durables ».
Alors que la Commission présentera sa stratégie pour une mobilité durable et intelligente le 9 décembre, Greenpeace appelle l’UE à interdire les vols court-courriers lorsqu’il existe une alternative plus propre, mettre fin à « l’avantage injuste procuré par les exonérations fiscales sur les billets d’avion et le carburant » et augmenter les investissements européens dans le rail transfrontalier.
Voir le rapport : https://bit.ly/2UWEq2l (Damien Genicot)