Plusieurs députés européens ont appelé, une nouvelle fois, mardi 24 novembre, l'Union européenne à prendre de nouvelles sanctions à l’encontre de la Turquie.
Lors d’un débat en session plénière, notamment sur l’escalade des tensions à Varosha, nombre d'eurodéputés, tous groupes politiques confondus, par exemple l’Allemand Michael Gahler du PPE, l'Espagnol Nacho Sánchez Amor du S&D ou la Hongroise Katalin Cseh de Renew Europe, ont réclamé des mesures restrictives européennes à l’encontre de la Turquie, alors que le Conseil européen des 10 et 11 décembre doit se pencher sur le sujet.
Au-delà de cet appel, les députés ont dénoncé la situation à Varosha et les propos du président turc, Recep Tayyip Erdoğan, sur une solution à deux États pour Chypre. Une solution « dangereuse », estime M. Sanchez Amor, et qui « ne résoudra jamais le conflit », selon M. Gahler.
Le Chypriote Giórgos Georgíou (GUE/NGL) a rappelé que la question chypriote ne sera résolue que si des pourparlers ont lieu sur la base d’une « île bizonale et bicommunautaire, avec une égalité politique, ce qui permettra de partager les ressources maritimes ». « Les Chypriotes ne doivent pas être pris en otage des intentions nationalistes d’Erdoğan », a pour sa part dénoncé Mme Cseh.
Ces élements sont repris dans une proposition de résolution commune des groupes GUE/NGL, Verts/ALE, S&D, CRE, Renew Europe et PPE, qui sera mise aux voix jeudi 26 novembre. Celle-ci condamne les activités illégales de la Turquie à Varosha, qui sapent « la confiance mutuelle et la perspective d’une résolution globale du problème de Chypre, en altérant de façon négative la situation sur le terrain, en exacerbant les divisions et en ancrant la partition permanente de Chypre ».
La résolution commune demande donc au gouvernement turc de revenir sur sa décision et d’éviter toute action unilatérale susceptible d'accroître les tensions sur l'île, y compris les forages d'exploration illégaux. « Une résolution durable du conflit passera nécessairement par le dialogue, la diplomatie et les négociations, dans un esprit de bonne volonté et de respect du droit international », précise le texte.
Les six groupes politiques se disent en faveur d'une « fédération bicommunautaire et bizonale, une personnalité juridique internationale unique, une souveraineté unique ainsi qu’une nationalité unique et une égalité politique entre les deux communautés ».
En plus de la possibilité d'imposer des sanctions ciblées, la résolution demande à l'UE et à ses États membres de jouer un rôle plus actif pour faire aboutir les négociations sous les auspices des Nations unies. Un rôle actif que l’UE est prête à assumer, a affirmé le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, devant les députés.
Voir le projet de résolution commune : https://bit.ly/2J47cf6 (Camille-Cerise Gessant)