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Bulletin Quotidien Europe N° 12592
CONSEIL EUROPÉEN / SantÉ

Les Vingt-Sept mobilisés pour ne pas renouveler les erreurs de la première vague de Covid-19

Les dirigeants européens ont discuté pendant près de trois heures en visioconférence, jeudi 29 octobre, de la résurgence de la pandémie de Covid-19. S'ils ont partagé leurs expériences et souligné l'importance d'une meilleure coordination européenne, ils n'ont pris aucune décision formelle. 

La Commission européenne, par contre, a annoncé la mobilisation de 220 millions d'euros en vue de soutenir le transfert transfrontalier de patients en cas de saturation des hôpitaux.

Sa présidente, Ursula von der Leyen, a aussi laissé entendre que l'UE avait de « bonnes discussions » avec une septième entreprise pharmaceutique pour pré-réserver son candidat vaccin. Plus tôt dans la journée, la directrice générale du département de la santé de la Commission, Sandra Gallina, avait évoqué devant les députés européens le nom de la société américaine Novavax. « Comme ça, nous aurions le même portefeuille de vaccins que les Américains », avait-elle déclaré. 

Cette visioconférence fait suite au sommet européen des 15 et 16 octobre, au cours duquel les Vingt-sept avaient pris l'engagement d'échanger plus régulièrement sur la pandémie. Dans leurs conclusions, ils évoquaient un travail de coordination, « notamment pour ce qui a trait aux règles en matière de quarantaine, à la recherche transfrontière des contacts, aux stratégies de dépistage, à l'évaluation conjointe des méthodes de dépistage, à la reconnaissance mutuelle des tests et à la restriction temporaire des déplacements non essentiels vers l'UE » (EUROPE 12583/1). 

Pas de fermeture des frontières

Depuis, la situation n'a cessé de se dégrader, forçant les gouvernements à réintroduire des restrictions sur les déplacements. La situation est particulièrement préoccupante en Tchéquie et en Belgique, deux pays qui comptent un grand nombre de contaminations et de décès au regard de leur population. 

Pourtant, contrairement à ce qui s'est passé lors de la première vague, les dirigeants européens semblent bien décidés à préserver la libre circulation au sein de l'espace Schengen. « Il est important, en particulier pour l'Allemagne en tant que pays au centre de l'Europe, que les frontières restent ouvertes », a déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel.

Interrogée sur ce risque, et alors que la Hongrie continue d'appliquer des contrôles à ses frontières intérieures, Ursula von der Leyen a ajouté : « Je pense que nous avons appris la leçon du printemps. Fermer les frontières n'est pas approprié, ça n'a pas arrêté le virus ». « Ce qui est remarquable, c'est la volonté, très largement partagée par l'ensemble des leaders, de tout faire pour préserver la force du marché intérieur, garantir les chaînes d'approvisionnement », a renchéri le président du Conseil européen, Charles Michel, convaincu qu'ont été abandonnés « les réflexes du tout début de crise ». 

Mme von der Leyen a aussi indiqué qu'un projet pilote démarrerait en « novembre » afin de parvenir, fin 2020, à un formulaire unique européen ('passenger locator form') pour faciliter les déplacements intra-UE. Il sera important de connecter les formulaires nationaux, actuellement en vigueur dans onze pays, surtout « quand les choses iront mieux », a-t-elle estimé, en faisant le parallèle avec les efforts menés pour connecter les applications nationales de traçabilité des cas de Covid-19. « 19 applications » nationales vont rejoindre la plateforme ('gateway') européenne, s'est-elle félicitée, exhortant les Européens à un téléchargement massif de ces outils numériques sur leur téléphone portable.

Politiques de dépistage

M. Michel a cité deux sujets particulièrement discutés par les chefs d'État dans la foulée des propositions présentées, la veille, par la Commission : la politique de dépistage et de traçage, ainsi que les vaccins (EUROPE 12591/1).

Sur le dépistage, les dirigeants ont pris bonne note de la recommandation qui mise largement sur les tests de détection antigéniques, plus rapides que les tests PCR. « Nous devons nous mettre d'accord rapidement sur des critères de validation des tests antigéniques, qui ont un rôle important à jouer. Nous travaillerons sur la validation au niveau de l'UE, pour permettre une reconnaissance mutuelle des résultats parmi les États membres », a expliqué Mme von der Leyen. 

Mercredi, la Commission avait annoncé des acquisitions de tests antigéniques à hauteur de 100 millions d'euros ainsi que le lancement imminent d'une procédure de marché public conjoint.

En attendant les vaccins, il faut se préparer

La réunion a aussi beaucoup porté sur les vaccins. Lors de la conférence de presse, Charles Michel a résumé les échanges autour de 4 objectifs clés, à savoir : - s'assurer d'une distribution équitable des vaccins qui ont fait l'objet d'un achat au nom de l'UE ; - identifier ensemble les populations prioritaires ; - s'attaquer aux questions de logistique, et plus particulièrement à la conservation des futurs vaccins ; - et améliorer la communication pour prévenir les fausses nouvelles. 

A l'heure actuelle, la Commission a signé des accords d'achat anticipé pour 1,02 milliard d'euros avec les groupes AstraZeneca, Johnson&Johnson et Sanofi-GSK en vue de pré-réserver des doses de leur candidat vaccin. D'autres pourraient suivre avec CureVac, BioNTech-Pfizer et Moderna (1,45 milliard d'euros supplémentaires) (EUROPE 12591/1).

Au Parlement européen, Sandra Gallina a indiqué que les premières doses commenceraient à être disponibles de façon très limitée (40 à 50 millions de doses pour l'UE-27) en décembre ou en janvier, à condition que l'agence européenne des médicaments rende un avis favorable. L'accès à un plus grand nombre de doses n'interviendra qu'en avril.

Les États membres ont été invités à dresser une liste de publics prioritaires. « Certains États membres souhaitent vacciner 100, 70 ou 30% de leur population. C'est un choix national », a dit Mme Gallina, rappelant que l'OMS et la Commission recommandent qu'« au moins 30% de la population » soit vaccinée pour favoriser l'immunité collective. (Sophie Petitjean, Camille-Cerise Gessant, Mathieu Bion)

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