La Commission européenne posera bientôt un nouveau jalon pour une Europe de la santé, à travers une série de nouvelles propositions qui seront présentées le 11 novembre. À l'approche de cette échéance, elle a organisé, jeudi 29 octobre, un séminaire en ligne ouvert à l'ensemble des parties prenantes.
« Nos propositions jetteront les bases d'une Union européenne plus sûre, mieux préparée et plus résiliente, au service de tous ses citoyens », a déclaré la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides. Testé positif à la Covid-19, le vice-président de la Commission, Margarítis Schinás, n'a pas participé à la réunion.
À quoi faut-il s'attendre le 11 novembre ? La Commission présentera une communication générale, une proposition de règlement sur les menaces transfrontières graves pour la santé ainsi que des propositions pour renforcer le mandat de l'Agence européenne des médicaments (EMA) et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).
Ces propositions seront suivies, le 24 novembre, par une stratégie pharmaceutique, et fin 2021, par une proposition législative visant à créer une agence européenne de recherche et de développement biomédicaux avancés, sur le modèle du BARDA américain.
Le renforcement des agences européennes
Sur le renforcement des agences européennes, la directrice générale des services 'Santé' à la Commission, Sandra Gallina, a rappelé que le mandat de l'ECDC datait de 2004. Elle a parlé d'accroître les capacités du centre européen pour soutenir la préparation, la surveillance, l'évaluation des risques et le système d'alerte rapide en agissant notamment sur les moyens humains, mais également sur le partage des données.
En ce qui concerne l'EMA, Sandra Gallina a évoqué une extention du mandat de l'agence européenne pour que celle-ci puisse surveiller « et peut-être réduire » les pénuries de médicaments et de dispositifs médicaux critiques.
Participant également à la réunion, la directrice générale de l'ECDC s'est réjouie de la possibilité future pour l'agence de soumettre des recommandations aux États membres. Toutefois, comme ces recommandations resteraient non-contraignantes, l'ECDC demeurerait dépendante de la bonne volonté des États membres, a-t-elle insisté.
BARDA européen
Mme Kyriakides a présenté la future BARDA de l'UE comme un organe qui « soutiendra notre capacité et notre volonté de répondre aux menaces et aux urgences transfrontalières - qu'elles soient d'origine naturelle ou délibérée ».
Sandra Gallina, quant à elle, a donné l'exemple de nouvelles pandémies, de menaces biologiques ou radioactives. L'idée, a-t-elle indiqué, est de répondre rapidemment à une crise soudaine qui concernerait la santé des citoyens.
Interrogée sur le financement de toutes ces initiatives, Sandra Gallina a évoqué les coupes opérées par le Conseil dans le futur programme EU4Health pour la santé publique.
Évoquant un « changement dramatique » entre ce que la Commission proposait (9,4 milliards d'euros) et ce que le Conseil veut (1,7 milliard), elle a affirmé : « Nous essaierons de gérer ce budget important, car cela reste un budget important [4 fois plus que le programme actuel]. Mais, bien sûr, il nous faudra définir des priorités. Avec des priorités claires, je suis sûr que nous pouvons avoir de l'impact ». (Sophie Petitjean)