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Bulletin Quotidien Europe N° 12591
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SÉCURITÉ - DÉFENSE / Terrorisme

Gilles de Kerchove demande aux députés d’avancer sur le retrait des contenus terroristes en ligne

Le coordinateur européen de la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, a appelé, mercredi 28 octobre, les députés européens à parvenir à un accord concernant le retrait des contenus terroristes en ligne. Des discussions interinstitutionnelles sur le règlement sur le retrait des contenus terroristes en ligne auront lieu ce jeudi.

« La principale préoccupation, c’est Internet. Le Parlement européen parle d’un règlement pour retirer les contenus illégaux, il est temps de trouver un consensus et de régler cette question ; tous les États membres le demandent », a souligné le coordinateur lors d’une audition sur la menace mondiale persistante de Daech et de ses filiales, au sein de la sous-commission Sécurité et Défense (SEDE) du Parlement européen. 

Alors que, selon M. de Kerchove, la qualité et la quantité de la propagande de Daesh ont diminué par rapport à la période 2014-2018, l'organisation terroriste et ses affiliés continuent de produire une grande quantité de contenu demandant des attaques contre l’Occident. Pour le chercheur Hugo Micheron, en Europe, les contenus salafistes sont six fois plus diffusés que les articles d’un grand média.

M. de Kerchove a également souhaité que, dans le cadre du futur 'Digital single Act', il soit possible pour les autorités d’avoir accès aux contenus décryptés, une fois l’autorisation donnée par un juge. « Il faut mettre en place une responsabilité légale des plateformes pour le contenu qu'elles hébergent », a-t-il ajouté.

Au-delà d'Internet, le coordinateur, tout comme les chercheurs Daveed Gartenstein-Ross et Hugo Micheron, se sont penchés sur la situation des djihadistes revenus en Europe actuellement en prison et dont certains pourraient bientôt sortir. « Que faire dans un pays d'État de droit des gens qui ont purgé leur peine ? », s'est interrogé M. de Kerchove.

Il a indiqué que, sous Présidence allemande du Conseil de l'UE, les États membres discutent pour apprendre les uns des autres sur les méthodes pour réduire le nombre de personnes radicalisées qui peuvent être suivies par les services de sécurité, pour les hiérarchiser. Selon lui, en France, sur plus de 20 000 fichiers S, 8 000 sont jugés préoccupants et une hiérarchisation est donc nécessaire.

Pour M. Gartenstein-Ross, « il faut faire attention à ne pas perdre la trace de revenants. Si l'on n’est pas capable de réaliser le contrôle nécessaire, il faudra mettre en place des plans d'urgence ». Les deux chercheurs ont souligné les problèmes de radicalisation en prison.

Au-delà de nos frontières, M. de Kerchove s’est inquiété de la situation des enfants emprisonnés dans des camps au nord de la Syrie, dont certains sont citoyens européens. Selon lui, ces enfants, qui sont avec des combattants radicalisés, et parfois eux-mêmes déjà radicalisés, risquent de l’être encore davantage et de créer une nouvelle génération de djihadistes. « Plus ils seront restés longtemps dans les camps, plus ils seront à l’avenir radicalisés », a-t-il prévenu. La décision de rapatrier des Européens dépend de chaque État membre. En attendant une décision de leur part, il faut, selon M. de Kerchove, améliorer les conditions de vie dans les camps et organiser une éducation. (Camille-Cerise Gessant)

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