Après un débat en plénière avec la Commission européenne et le Conseil de l'UE en début de semaine, les eurodéputés ont adopté, jeudi 17 septembre, une résolution d'actualité sur la pollution causée par les résidus pharmaceutiques dans l'environnement, qui juge l'action de l'UE dans ce domaine trop limitée (EUROPE 12560/8).
Le document, adopté par 671 voix pour, 15 contre et 10 abstentions, souligne que la communication de mars 2019 intitulée 'Approche stratégique de l'UE concernant les produits pharmaceutiques dans l'environnement' propose des mesures trop « souples ».
Il rappelle que la concentration de produits pharmaceutiques dans l'environnement (sols, sédiments, eau) a augmenté ces 20 dernières années et devrait continuer sur cette voie. Il rappelle la constatation de l'Organisation de coopération et de développement économiques, selon laquelle les approches stratégiques actuelles « sont inadaptées à la préservation de la qualité de l’eau et des écosystèmes d’eau douce dont dépend la santé humaine ».
L'une des demandes les plus concrètes du Parlement est d'inclure l’incidence environnementale des médicaments dans l’évaluation du rapport bénéfices/risques des médicaments à usage humain, comme c’est déjà le cas pour les médicaments à usage vétérinaire. Il ajoute toutefois que cette étape ne doit ni retarder ni mener à un refus des autorisations de mise sur le marché au seul motif d’incidences négatives sur l’environnement.
Il réclame en outre un étiquetage sur les emballages, sous forme de pictogramme, pour informer les consommateurs sur la manière d’éliminer correctement les médicaments non utilisés. Il invite par ailleurs la Commission à présenter une proposition législative visant à mettre à jour la directive 86/278/CEE sur les boues d’épuration d'ici fin 2021. (Sophie Petitjean)