« Il n’y aura pas de nouveaux Moria ! », a assuré, jeudi 17 septembre, la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, mais de « vrais centres d’accueil » qui ne pourront plus jamais reproduire les conditions de vie des migrants de ce camp surpeuplé de l'île de Lesbos.
« Des conditions qui étaient inacceptables », a dit la commissaire lors d’un débat avec les eurodéputés à la suite de l’incendie ayant entièrement détruit Moria les 8 et 9 septembre et ayant laissé plus de 12 300 personnes à la rue.
Le Parlement européen voulait connaître la réaction de la Commission et du Conseil alors que la Commission présentera mercredi prochain son très attendu 'Pacte sur l’asile et la migration'.
Mais le Conseil n’était pas présent, ce qui en a déçu certains, comme la Néerlandaise Sophie in ’t Veld (Renew Europe), qui a raillé une institution « qui brille à nouveau par son absence ».
Lors de ce débat, un certain nombre de députés ont dénoncé, eux aussi, les conditions de vie à Moria, Mme in ’t Veld se demandant d’ailleurs ce que les autorités grecques ont fait des centaines de millions d’euros reçus et comment il a été possible que « des personnes ayant reçu une demande d’asile positive et ayant un statut de réfugiés » aient continué à vivre dans ce camp.
La plupart des élus ont aussi soutenu les objectifs du Pacte de mettre fin aux dysfonctionnements dans le système d’asile et de créer un « mécanisme permanent de solidarité où chaque État membre jouera un rôle », a dit Roberta Metsola (PPE, maltaise). Mais certains sont allés plus loin, comme Birgit Sippel (S&D, allemande) ou la GUE/NGL, demandant une « relocalisation obligatoire » des demandeurs d’asile entre tous les Vingt-sept avec « des quotas » clairs de répartition, a plaidé la GUE/NGL.
Selon Reuters, la Commission réintroduirait dans son paquet la relocalisation obligatoire pour tous les États membres en temps de crise. Mais certaines sources ont appelé à la prudence, disant que des solidarités alternatives seraient prévues. La Commission ne fait, pour sa part, aucun commentaire sur le contenu précis de ses propositions.
Pour Mme Johansson, le Pacte prévoira en tout cas une « solidarité obligatoire » et une perspective claire sera donnée aux mineurs isolés. Il faudra assurer une distinction entre les personnes qui ont le droit à l’asile et celles qui ne sont pas éligibles et devront être renvoyées. Mais « tous les migrants ont des droits » et ces personnes aussi devront être respectées.
Cinq ans après la grande crise de 2015, la commissaire a estimé qu’il était temps de dédramatiser cette question. « On doit rester calme et pragmatique », a-t-elle exhorté, jugeant que la situation n’avait plus rien de comparable avec 2015, lorsque près de 2 millions de personnes, essentiellement des Syriens, étaient venues dans l’UE et, pour la plupart, avaient reçu une protection. (Solenn Paulic)