Les députés européens ont appelé, mardi 15 septembre, l’UE à soutenir le Liban, dont la capitale a été touchée par une violente explosion le 4 août, et alors que le pays subit une grave crise économique, sociale et sanitaire.
Toutefois, un tel soutien ne peut être apporté en l'absence de réformes et d'une lutte active contre la corruption, ont prévenu les députés lors d’un débat en plénière, tout en demandant à l’UE à ne pas laisser le pays aux mains de l’Iran, de la Syrie ou de la Turquie.
Que ce soit l’Espagnol Antonio López-Istúriz White pour le PPE, la Portugaise Isabel Santos pour le S&D, la Française Nathalie Loiseau pour Renew Europe ou l’Italienne Elena Lizzi pour ID, tous ont mis en avant la nécessité de lutter contre la corruption dans le pays. « Il faut contrôler par qui et comment les fonds seront utilisés », a souligné Mme Lizzi, les députés plaidant pour que les fonds arrivent directement à ceux qui en ont besoin. Pour Mme Loiseau, il faudrait aussi que l’UE se penche sur les biens libanais mal acquis qui dorment dans les banques européennes.
Les eurodéputés ont également appelé le Liban à mener des réformes et à se moderniser. Ils ont souligné que les Libanais n'avaient pas confiance en leur classe dirigeante.
Devant les députés, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, a souligné que l’UE était déterminée à aider le peuple libanais. « Nous voulons voir rapidement la formation d'un gouvernement libanais capable, représentatif et responsable », a-t-il expliqué, mettant lui aussi en avant la nécessité d’un programme de réformes crédible, et notamment des mesures concrètes pour réformer le système financier, le secteur de l’électricité et les marchés publics et pour renforcer la lutte contre la corruption. « Nous continuerons à appliquer des garanties pour nous assurer que les fonds parviennent aux bénéficiaires prévus », a aussi assuré M. Borrell. (Camille-Cerise Gessant)