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Bulletin Quotidien Europe N° 12560
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / MÉditerranÉe

Les députés européens plaident pour la fermeté et le dialogue

Rappelant leur solidarité envers la Grèce et Chypre, les députés européens ont appelé, mardi 15 septembre, à un apaisement des tensions en Méditerranée orientale et au dialogue. Ils ont aussi mis en avant la nécessité de réexaminer les relations avec Ankara, quitte à tirer un trait sur le processus d’adhésion à l’UE.

Préoccupé par un risque réel de confrontation militaire, le président de la commission des Affaires étrangères du PE, l’Allemand David McAllister (PPE), a estimé, au nom du PPE, que des « pas concrets pour créer un environnement propice au dialogue et à la bonne foi étaient nécessaires ». 

Son concitoyen Sergey Ladoginski (Verts/ALE) a rappelé que le conflit ne pouvait pas être résolu par une escalade unilatérale ou bilatérale et par des accusations mutuelles ou des discours nationalistes de part et d’autre. « Il faut mettre un terme à l’escalade et revenir au statut antérieur et à des négociations », a-t-il insisté.

Fermeté des parlementaires

Face à l'attitude « insolente et méprisante » de la Turquie envers l’UE « alors qu’elle veut y adhérer », selon Nacho Sánchez Amor (S&D), les députés ont fait part d’une réelle fermeté lors du débat, appelant l’UE à en faire de même. « L’UE doit éviter le conflit en se montrant constructive, mais ferme », a résumé Malik Azmani (néerlandais) pour le groupe Renew Europe.

Une fermeté qui passerait par des sanctions. Pour Emmanouíl Frágkos (CRE, grec), l’UE doit « répondre avec véhémence ». « Ce que nous demandons : des sanctions économiques lourdes pour que l’économie d’Erdogan en subisse les conséquences, ce n’est que comme cela que la Turquie comprendra », a-t-il expliqué. L’Allemand Martin Schirdewan (GUE/NGL) a appelé à un embargo sur les armes européennes à destination de la Turquie, ce qui, selon le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, est du ressort des États membres.

M. Borrell a aussi expliqué qu’un accord politique avait été trouvé sur la manière d’agir avec la Turquie entre les ministres des Affaires étrangères européens fin août, au Gymnich (EUROPE 12548/1). « Le moment est venu de transformer cet accord politique en une décision formelle, les groupes de travail du Conseil s’y attèlent », a-t-il précisé. Et d'expliquer qu'il n'y avait pas encore, au sein du Conseil, l'unanimité nécessaire pour adopter des sanctions, mettant en parallèle cette adoption avec celle de mesures à l'encontre de la Biélorussie (voir autre nouvelle), comme convenu lors du Gymnich.

Plusieurs députés européens de différents partis politiques se sont également interrogés sur le statut de pays candidat à l’adhésion à l’UE de la Turquie. « Il est difficile de considérer la Turquie comme pays candidat, nous devons renouveler nos relations avec elle », a ainsi estimé M. Azmani. De son côté, Jérôme Rivière (français), au nom d’ID, a été plus loin, demandant que soit mis un terme à l'Union douanière et au processus d'adhésion. 

« Je comprends que l’adhésion de la Turquie déchaîne les passions, la relation est à la croisée des chemins. Les dirigeants devront prendre des décisions difficiles », leur a répondu M. Borrell. Selon Michael Roth, le secrétaire d’État allemand, au nom du Conseil, les chefs d’État ou de gouvernement devront envoyer un signal de solidarité pleine et entière à la Grèce et à Chypre et discuter de ce qui doit être fait si la Turquie « n’est pas à la hauteur de ses responsabilités ».

M. Michel prône une double démarche

Depuis Athènes, le président du Conseil européen, Charles Michel, a plaidé pour une double approche : être ferme pour faire respecter des principes essentiels pour l'UE et ses États membres, mais aussi être prêt à « ouvrir les bras pour montrer qu'un agenda positif est possible, s'il y a une volonté commune de respecter » ces principes. 

M. Michel a estimé qu'il était de l'intérêt stratégique de l'UE de garantir un apaisement et davantage de stabilité et de sécurité en Méditerranée. « Nous débattrons aussi de l'idée d'une conférence multilatérale, de mettre autour de la table différents pays » pour discuter à la fois des délimitations maritimes, mais aussi des questions énergétiques, de sécurité, de coopération économique, etc., « si une volonté est constatée avec sincérité d'aller de l'avant dans un agenda plus positif et prévisible que ce qui a été constaté jusqu'à maintenant ». (Camille-Cerise Gessant)

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