Le gouvernement allemand a confirmé, mardi 15 septembre, qu’il comptait prendre en charge sur son territoire 1 500 migrants à la suite de l’incendie du camp de Moria, qui a laissé 12 000 personnes à la rue. Selon Reuters, cet accord entre la chancelière allemande, Angela Merkel, et son ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, concernerait 1 500 personnes qui ont déjà obtenu une décision d’asile positive et elles ne viendraient pas forcément que de l’île de Lesbos.
Le 14 septembre, la chancelière avait indiqué que la situation à Moria « n’était pas acceptable » et que les conditions d’accueil des migrants devaient s’améliorer. Elle avait confirmé qu’un « projet pilote » d’accueil de migrants était à l’étude.
La Commission a aussitôt salué cette annonce, le 15 septembre, et a dit être « en liaison étroite » avec les autorités allemandes pour organiser cette prise en charge, a commenté Adalbert Jahnz, porte-parole aux Migrations.
Ce 15 septembre, dans l'après-midi, la Commission avait d'ailleurs convoqué une réunion technique de coordination entre les États membres pour parler des modalités de transferts, cela alors que plusieurs pays se sont dits volontaires pour accueillir une partie des personnes laissées à la rue.
Une lettre en ce sens avait été envoyée la veille aux États membres par la commissaire européenne Ylva Johansson et le ministre allemand Horst Seehofer. Dans cette lettre, vue par EUROPE, les deux responsables appellent les États à faire des offres pour accueillir des mineurs et des personnes vulnérables et atteindre la proportion de 2 000 personnes que s'est fixée l'UE au début de l'année (au programme de 1 600, se sont ajoutés des engagements pour prendre des migrants et des demandeurs d'asile en mauvaise santé).
Les deux responsables rappellent aussi que près de 30 000 personnes sont actuellement dans les camps des îles grecques.
Charles Michel, le président du Conseil européen, était pour sa part à Athènes, aux côtés du Premier ministre grec, Kyriákos Mitsotákis, et devait se rendre à Lesbos.
Il a plaidé pour une solution européenne, la migration étant l’affaire de toute l’UE et pas de quelques États membres. Les futures propositions, que la Commission va présenter le 23 septembre, devront répondre à plusieurs impératifs, a-t-il dit : « faire reculer l’immigration illégale, progresser vers plus de convergence dans le système d'accueil des migrants et être plus efficace dans les retours ».
Le Premier ministre grec, pour sa part, a appelé l'UE à cogérer avec la Grèce les nouveaux camps, qui seront construits conformément à la politique du futur Pacte, a-t-il dit.
Le député Verts/ALE allemand Erik Marquardt était aussi à Lesbos ce 15 septembre, où il a décrit aux journalistes la situation des milliers de personnes attendant une solution. Une partie d'entre elles ont pu être relogées et abritées (le gouvernement a annoncé un premier camp transitoire avec 800 personnes), mais de nombreuses autres sont sans solution.
Le député a aussi rencontré des personnes qui ne veulent pas aller dans de nouveaux centres - qui seraient fermés - en raison, notamment, de la présence de cas de Covid-19 parmi les migrants (21 à ce stade, selon les autorités). Or, ces personnes veulent pouvoir continuer à sortir, ce qui nourrit les tensions.
Le jeune élu a plaidé pour de vraies solutions de long terme et a même estimé que les relocalisations immédiates n’étaient pas la meilleure option en ce qu’elles impliquent un choix en vertu de certains critères et n’apporteront pas de réponse à tous.
Le député a plutôt plaidé, au lieu d’une reconstruction de camps fermés, pour un hébergement sur des bateaux de croisière, avec des cabines permettant la séparation adéquate en temps de Covid 19, le temps qu’une solution pérenne dans l’UE leur soit apportée.
L'aide continue d'être acheminée
La Commission a indiqué que de nouvelles offres d'assistance pour la Grèce ont été reçues de Slovaquie, de Hongrie, de France et de Slovénie. Il s'agit de tentes, de couvertures, de sacs de couchage et de toilettes mobiles. Elles s'ajoutent aux offres déjà reçues cette semaine de Pologne, du Danemark, d'Autriche, de Finlande, de Suède et d'Allemagne. (Solenn Paulic)