Massimiliano Salini (PPE, italien), rapporteur pour le Parlement européen sur le programme spatial de l’UE, a marqué son mécontentement, mercredi 22 juillet, quant aux coupes budgétaires proposées par les États membres réduisant le budget du programme à 13,2 milliards d’euros.
En effet, les États membres sont tombés d’accord pour fixer l’enveloppe financière du programme spatial à un maximum de 13,202 milliards d’euros, dont 8 milliards d’euros pour le programme Galileo et 4,8 milliards pour le programme Copernicus (EUROPE 12532/2).
« L'UE ne peut pas se permettre un programme spatial sous-financé dans un secteur aussi crucial que celui de l'espace. Le sous-financement mettra inévitablement en péril la robustesse et la fiabilité du programme spatial de l'Union », a indiqué à EUROPE l’eurodéputé italien.
Ainsi, selon lui, « la réduction de 12% par rapport à la position du Parlement européen (le PE souhaitait fixer le budget à 16,9 milliards d’euros - EUROPE 12142/7) sapera les programmes phares existants, Galileo et Copernicus, et compromettra sérieusement le lancement de nouveaux programmes stratégiques, tels que GovSatCom et SSA ».
L’eurodéputé trouve cette décision d’autant plus regrettable que le secteur spatial a joué un rôle clé, notamment avec l’application des « voies vertes » (‘Green Lanes’).
Et d'ajouter que le Parlement européen ne peut accepter de telles coupes budgétaires en l'état et cherchera à revoir le budget à la hausse.
Le secteur spatial soulagé, mais amer
« Je suis ravi que le Conseil n’ait pas davantage dégradé la proposition de la Commission européenne », a confié à EUROPE le secrétaire général d’Eurospace, Olivier Lemaitre, qui n’a pas caché sa surprise, toutefois, quant à la proposition de la Commission européenne d’abaisser d’emblée le budget de l’espace dans ses propositions fin mai (EUROPE 12526/20).
Celui-ci a par ailleurs exprimé ses craintes face à la réduction drastique du Fond européen de défense (voir autre nouvelle). « Tant que l’Europe ne sera pas une puissance, rien ne justifiera un investissement spatial comparable avec celui des autres puissances ». (Pascal Hansens)