L’accord sur le cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2017 et le Plan de relance post-Covid-19 survenu, mardi 21 juillet, entre les chefs d’État ou de gouvernement de l’Union européenne essuie déjà des critiques de la part d’ONG environnementales, mais également de groupes politiques au Parlement européen, qui lui reprochent notamment d’affaiblir l’ambition climatique de l’UE.
« Cet accord […] a anéanti toutes les ambitions de parvenir à une réduction de 55% des émissions de CO2 en une décennie », a ainsi déploré l’eurodéputé Christian Ehler (allemand), porte-parole du groupe PPE à la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie (ITRE) du Parlement.
À l’instar de l’ONG Greenpeace, M. Ehler a fustigé « des coupes sévères » dans le cadre du plan de relance qui risquent d’affecter l’action de l’UE contre le dérèglement climatique.
Il faut dire que le Conseil européen a déforcé, voire supprimé plusieurs propositions de la Commission européenne incluses dans Next Generation EU (EUROPE 12532/2 ; 12494/2), qui auraient pu, selon la Commission, contribuer aux objectifs environnementaux (EUROPE 12496/12).
Exit notamment la ‘Facilité d’investissement stratégique’ proposée par la Commission. Or, d’après la commissaire à l’Énergie, Kadri Simson, cet instrument aurait permis de générer des investissements privés dans le secteur des énergies renouvelables, pour les technologies de stockage de l’énergie ou encore pour le développement de « l’hydrogène propre » et des piles à combustible.
En outre, les montants destinés à InvestEU, au programme de développement rural et au ‘Fonds pour une transition juste’, autant d’instruments qui sont censés contribuer aux objectifs climatiques, ont été fortement diminués (voir autres nouvelles).
Un volet climatique jugé peu contraignant
Au-delà de ces coupes dans les financements, Greenpeace a critiqué l’absence de véritables conditions ‘vertes’ visant à garantir « que l’argent public n’ira pas aux industries polluantes ».
Alors que la Commission proposait notamment d’examiner la cohérence des plans de relance nationaux avec les plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC) et les plans nationaux pour une transition juste, les conclusions du Conseil européen indiquent simplement qu’une « contribution effective à la transition verte et numérique » constitue une « condition préalable » à une évaluation positive des plans par la Commission.
Si elle rejoint Greenpeace sur le manque de véritables conditions ‘vertes’ dans l’accord, l’ONG CAN Europe, de son côté, a salué le fait que les chefs d’État et de gouvernement sont convenus d’augmenter à 30% la part des dépenses totales dédiées au climat au titre du CFP et de Next Generation EU.
Pour Sébastien Mang, conseiller de Greenpeace pour la politique climatique de l’UE, c’est désormais le rôle du Parlement européen d’intervenir « pour améliorer les perspectives d’une reprise verte et équitable ». Une résolution devrait d’ailleurs être soumise aux votes demain (jeudi), lors d’une session plénière (voir autre nouvelle).
Voir les conclusions du Conseil européen : https://bit.ly/30whIAw (Damien Genicot)