Le président du Conseil européen, Charles Michel, maintient dans ses propositions sur le prochain cadre financier pluriannuel en vue du Sommet européen de cette fin de semaine les coupes budgétaires proposées par la Commission européenne pour le programme spatial de l’UE, afin de maintenir son enveloppe à 13,2 milliards d’euros en prix constants.
Ainsi, l’enveloppe financière pour la mise en œuvre du programme spatial pour la période 2021-2027 sera « d’un maximum » de 13 202 millions d’euros, dont 8 000 millions seront consacrés au programme européen de navigation de Galileo et 4 810 millions au programme d’observation terrestre Copernicus. En 2018, la Commission européenne proposait une enveloppe de 14,2 milliards d'euros (prix 2018).
« Ce n’est pas imaginable » a commenté auprès d’EUROPE l’eurodéputé français Christophe Grudler (Renew Europe), rapporteur fictif sur le programme spatial de l’UE, qui considère que ces propositions « ne tiennent absolument pas compte » du rôle du secteur spatial durant la crise sanitaire et de la nécessité de plus en plus prégnante de garantir la souveraineté européenne.
« On se place sous la dépendance des autres », déplore le Français, craignant des coupes claires dans GovSatCom, le programme européen de télécommunications satellitaires à usage gouvernemental. M. Grudler a ainsi indiqué qu’il était difficile de poursuivre les négociations sur le programme spatial de l’UE, sur lequel Massimiliano Salini (PPE, italien) est rapporteur du PE. « On ne peut pas bosser sur un texte pour lequel il n’y aura pas assez de budget », a-t-il insisté. Et de conclure : « on va monter au feu ».
Même son de cloche du côté de l’industrie spatiale. Olivier Lemaitre, secrétaire général d’Eurospace, s’exprimant au nom de l'organisation, rappelle que les propositions de la Commission européenne représentent une coupe budgétaire de 7% en comparaison de ce qu’elle avait proposé en 2018.
Et d’ajouter que, dès l’origine, et malgré l'ambition accrue par rapport au cadre financier pluriannuel actuel, les propositions de la Commission européenne ne permettaient pas un déploiement et une exploitation complets de Copernicus, les 500 millions d’euros proposés pour les initiatives sur la surveillance de l’espace et du suivi des objets en orbite et GovSatCom étant « extrêmement modestes », selon lui. « Même avec la proposition initiale de la Commission européenne, les investissements institutionnels totaux de l'Europe dans l'espace restent 6 à 7 fois inférieurs à ceux des États-Unis ».
Que ce soit M. Grudler ou M. Lemaitre, les deux hommes espèrent que le projet d’une constellation de satellites dans le domaine de la connectivité, voulu par le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, pourra aboutir. (Pascal Hansens)