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Bulletin Quotidien Europe N° 12526
ACTION EXTÉRIEURE / Turquie

L’UE prépare le bâton et la carotte

Les ministres des Affaires étrangères européens ont décidé, lundi 13 juillet, de réfléchir aux moyens d'améliorer les relations avec la Turquie, tout en continuant de préparer des mesures supplémentaires à l’encontre du pays.

À l’issue du Conseil, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a annoncé qu’il avait reçu un « large soutien pour explorer davantage des voies possibles pour apaiser les tensions et parvenir à une entente » sur les sujets de tensions.

D’un autre côté, M. Borrell a expliqué qu’il allait préparer des « options » sur des mesures supplémentaires que l’UE pourrait prendre pour répondre « aux défis auxquels elle fait face, résultant des actions de la Turquie ». À la demande de Chypre, le travail pour ajouter des personnes ou entités à la liste des sanctions liées aux activités illégales de forage turques dans la zone économique exclusive de Chypre va se poursuivre, a-t-il ajouté.

Les ministres reviendront sur le sujet lors du Gymnich, prévu les 27 et 28 août à Berlin.

Rappelant que la Turquie était un pays « important » pour l’UE, le Haut Représentant a souligné que la relation était « mise à mal ». « Nous voudrions avoir des relations renforcées, mais cela doit être en ligne avec les valeurs, les principes et les intérêts de l’UE », a-t-il prévenu.

Et devant la commission ‘Affaires étrangères’ du PE, le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, a précisé que tous les États membres étaient d’accord pour poursuivre le dialogue avec Ankara, « en raison de son importance stratégique ». « Nous voulons poursuivre un dialogue, mais la Turquie ne parle que d’union douanière ou de libéralisation des visas. Il n’y a pas de raison de penser que l’on pourrait avancer sur ces sujets-là », a-t-il prévenu.

Devant les médias, M. Borrell n’a, lui non plus, pas caché les difficultés. « Il y a plusieurs questions sérieuses qui doivent être traitées par la Turquie afin de changer la dynamique actuelle de confrontation et de créer un environnement de confiance », a-t-il expliqué, ajoutant que les actions unilatérales d'Ankara, en particulier dans l’est de la Méditerranée, allaient à l’encontre des intérêts de l’UE, des droits souverains d’États membres et du droit international et que cela devait cesser.

Il a également appelé la Turquie à contribuer « activement » à une solution politique en Libye et à respecter pleinement les engagements pris dans le cadre du processus de Berlin, y compris le respect de l’embargo sur les armes à destination de la Libye.

Enfin, dernier sujet de tensions en date : la décision sur l’ancienne basilique Sainte-Sophie. « Le Conseil condamne la décision de reconvertir Sainte-Sophie, un lieu si emblématique, en mosquée », a annoncé M. Borrell, qui a appelé la Turquie à revenir sur cette décision qui va « inévitablement alimenter la méfiance, promouvoir de nouvelles divisions entre communautés religieuses et minera nos efforts sur le dialogue et la coopération ». (Camille-Cerise Gessant)

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