Les ministres des Affaires étrangères européens ont décidé, lundi 13 juillet, de réfléchir aux moyens d'améliorer les relations avec la Turquie, tout en continuant de préparer des mesures supplémentaires à l’encontre du pays.
À l’issue du Conseil, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a annoncé qu’il avait reçu un « large soutien pour explorer davantage des voies possibles pour apaiser les tensions et parvenir à une entente » sur les sujets de tensions.
D’un autre côté, M. Borrell a expliqué qu’il allait préparer des « options » sur des mesures supplémentaires que l’UE pourrait prendre pour répondre « aux défis auxquels elle fait face, résultant des actions de la Turquie ». À la demande de Chypre, le travail pour ajouter des personnes ou entités à la liste des sanctions liées aux activités illégales de forage turques dans la zone économique exclusive de Chypre va se poursuivre, a-t-il ajouté.
Les ministres reviendront sur le sujet lors du Gymnich, prévu les 27 et 28 août à Berlin.
Rappelant que la Turquie était un pays « important » pour l’UE, le Haut Représentant a souligné que la relation était « mise à mal ». « Nous voudrions avoir des relations renforcées, mais cela doit être en ligne avec les valeurs, les principes et les intérêts de l’UE », a-t-il prévenu.
Et devant la commission ‘Affaires étrangères’ du PE, le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, a précisé que tous les États membres étaient d’accord pour poursuivre le dialogue avec Ankara, « en raison de son importance stratégique ». « Nous voulons poursuivre un dialogue, mais la Turquie ne parle que d’union douanière ou de libéralisation des visas. Il n’y a pas de raison de penser que l’on pourrait avancer sur ces sujets-là », a-t-il prévenu.
Devant les médias, M. Borrell n’a, lui non plus, pas caché les difficultés. « Il y a plusieurs questions sérieuses qui doivent être traitées par la Turquie afin de changer la dynamique actuelle de confrontation et de créer un environnement de confiance », a-t-il expliqué, ajoutant que les actions unilatérales d'Ankara, en particulier dans l’est de la Méditerranée, allaient à l’encontre des intérêts de l’UE, des droits souverains d’États membres et du droit international et que cela devait cesser.
Il a également appelé la Turquie à contribuer « activement » à une solution politique en Libye et à respecter pleinement les engagements pris dans le cadre du processus de Berlin, y compris le respect de l’embargo sur les armes à destination de la Libye.
Enfin, dernier sujet de tensions en date : la décision sur l’ancienne basilique Sainte-Sophie. « Le Conseil condamne la décision de reconvertir Sainte-Sophie, un lieu si emblématique, en mosquée », a annoncé M. Borrell, qui a appelé la Turquie à revenir sur cette décision qui va « inévitablement alimenter la méfiance, promouvoir de nouvelles divisions entre communautés religieuses et minera nos efforts sur le dialogue et la coopération ». (Camille-Cerise Gessant)