login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12527
Sommaire Publication complète Par article 12 / 35
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19 / Tourisme

Le manque de volonté politique de la Commission à l’égard du secteur touristique pointé du doigt au Parlement européen

La réponse apportée par la Commission européenne aux difficultés rencontrées par l’industrie du tourisme n’a pas convaincu les eurodéputés (EUROPE 12509/4).

Et les arguments invoqués, mardi 14 juillet, devant la commission des transports et du tourisme du Parlement européen (TRAN) par Kerstin Jorna – récemment nommée à la tête de la direction générale du Marché intérieur (DG GROW) de la Commission (EUROPE 12456/31) – n’y ont rien changé.

« La Commission a mobilisé de nombreux outils », a insisté Mme Jorna, faisant allusion, entre autres, à l’instrument SURE de soutien aux régimes nationaux de chômage partiel (EUROPE 12490/10), aux initiatives CRII et CRII+ en matière de politique de cohésion (EUROPE 12460/3) ainsi qu’aux liquidités injectées afin de stabiliser les entreprises européennes, par la BEI notamment (EUROPE 12462/3).

« Le tourisme aurait dû bénéficier de mesures spécifiques, notamment pour les pays dont le PIB dépend de ce secteur », a toutefois estimé Marian-Jean Marinescu (PPE, roumain), rejoint sur ce point par nombre de ses collègues. « La réponse de la Commission n’a pas été à la hauteur », a renchéri Carlo Fidanza (CRE, italien).

Absence de réaction

« Comment est-il possible qu’une industrie représentant plus de 10% du PIB de l’UE et 25% du PIB de certains États membres ne bénéficie toujours pas de politiques européennes ? », a interrogé José Ramón Bauzá Díaz (Renew Europe, espagnol). Il a regretté que la Commission montre si peu d’intérêt pour un secteur dont elle a reconnu publiquement qu’il comptait parmi les plus touchés par la crise.

Kerstin Jorna a elle-même rappelé que les pertes de revenus des voyagistes, hôtels et restaurants européens avoisinaient 85%, celles des compagnies aériennes et des croisiéristes 90%, et que plus de 6 millions d'emplois étaient en jeu.

István Ujhelyi (S&D, hongrois) a lui aussi regretté « l’absence totale » de réaction de la Commission, notamment après le vote au PE d’une résolution sur la relance du tourisme européen (EUROPE 12508/10).

La Commission avait pourtant envoyé de « premiers signes très positifs », a souligné le député, évoquant notamment l’annonce par le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, d’un « plan Marshall » pour le secteur.

« Rien n’a changé »

Les coordinateurs des différents groupes ont en outre déploré l’absence de ligne budgétaire consacrée au tourisme dans le Plan de relance pour l'Europe et le cadre financier pluriannuel de l’UE pour 2021-2027.

« Les financements aujourd’hui sont morcelés, dispersés dans toute une série de programmes qui pèsent sur les épaules des États membres et qui risquent de ne pas soulager les entreprises », a estimé Carlo Fidanza, regrettant le manque de vision de la Commission.

« Rien n’a changé », a-t-il ajouté. En tant que président de la 'task force' pour le tourisme « il y a deux législatures », j'avais déjà demandé la création d’une telle ligne budgétaire, sans succès, a-t-il rappelé.

Réagissant à ces interventions, Mme Jorna a prôné une réponse en deux temps, estimant qu’il fallait distinguer les fonds à mobiliser en urgence - les « bouées de sauvetage » - de ceux qui devraient être mobilisés à l’avenir pour financer la relance et la refonte du secteur.

« Il ne s'agit pas seulement du budget de l'UE, mais aussi des investissements privés. Plus la stratégie sur le tourisme que nous adopterons sera efficace, plus nous créerons des certitudes susceptibles de favoriser de futurs investissements », a-t-elle détaillé à ce propos.

Cette stratégie, dont l’élaboration devrait débuter en octobre lors de la Convention européenne du tourisme (EUROPE 12471/6), soulève déjà des interrogations.

Notamment du côté du groupe Verts/ALE, qui, comme l’a rappelé la Luxembourgeoise Tilly Metz, compte sur la Commission pour garantir que « plus aucun centime ne sera dépensé pour soutenir le tourisme de masse » et qui entend plaider pour une transition vers des services touristiques durables, de haute qualité et inclusifs. (Agathe Cherki)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
SÉCURITÉ - DÉFENSE
INSTITUTIONNEL
BRÈVES
CARTE BLANCHE