Les ministres de l’Environnement des vingt-sept États membres de l'Union européenne ont publié un appel commun pour une relance économique post-Covid-19 « verte », lors d’une réunion informelle par vidéoconférence les 13 et 14 juillet.
« Il est essentiel que nous basions notre redressement sur l’Agenda 2030 pour le développement durable, l’accord de Paris, les objectifs d’Aichi pour la biodiversité, les principes environnementaux ainsi que nos autres engagements internationaux », écrivent ainsi les ministres.
Dans ce but, ils se sont engagés à travailler activement, « dans un esprit de compréhension mutuelle et de compromis », pour relever le défi consistant à combiner reprise économique et « action ambitieuse et rentable en faveur du climat et de la protection de l’environnement ».
« Le moment est venu de fixer un cap qui nous permette de ne pas revenir au statu quo, mais de procéder à une véritable reprise qui soutienne une économie et une société viables et respectueuses de l’environnement », a ainsi déclaré la ministre fédérale allemande de l’Environnement, Svenja Schulze, à l’initiative de la réunion.
Dans leur appel commun, les ministres ont également réaffirmé leurs priorités pour les six prochains mois, en mentionnant en particulier la conclusion d’un accord sur la ‘loi climat’, la stratégie sur la biodiversité pour 2030 et le plan d’action sur l’économie circulaire.
Alors que le Président du Conseil de l’UE, Charles Michel, a présenté, vendredi dernier, une proposition de Plan de relance et de cadre financier pluriannuel 2021-2027 qui prévoit que 30 % des dépenses soient spécifiquement dédiées au climat (contre 25 % dans la proposition de la Commission européenne – EUROPE 12525/1), les ministres ont souligné la nécessité que le CFP et le Plan de relance de l’UE contribuent « de manière substantielle » aux objectifs climatiques et environnementaux de l’Union.
En outre, si les ministres de l’Environnement rejoignent la Commission sur le fait que les plans de relance nationaux des États membres devraient être fondés sur les questions prioritaires propres à chaque pays, définies dans le cadre du semestre européen, conformément à leurs plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC), aux plans pour une transition juste, aux accords de partenariat et aux programmes opérationnels financés par l’UE, ils insistent sur le respect des principes de subsidiarité et de proportionnalité.
Enfin, cette réunion informelle a également été l’occasion de discuter du rôle de la numérisation en matière d’environnement (voir autre nouvelle).
Les divisions persistent sur l’objectif 2030. En revanche, les États membres restent divisés sur le nouvel objectif européen de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) à fixer pour 2030 dans le cadre de la future ‘loi climat’ (EUROPE 12495/21).
D’un côté, sept États membres - l'Espagne, le Danemark, la Suède, la Finlande, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Lettonie - ont défendu dans la matinée, via Twitter, un objectif rehaussé à au moins -55 % (par rapport aux niveaux d’émissions de 1990).
De l’autre, certains pays, issus principalement d’Europe centrale et orientale, s’inquiètent des efforts qu’ils devraient consentir, et de leurs impacts socioéconomiques, pour parvenir à une réduction de 50 ou 55 %.
En outre, plusieurs pays, y compris la France et l'Allemagne, se situent entre ces deux groupes, en soutenant un objectif fixé à -55% maximum dès 2030.
Interrogée en conférence de presse sur la manière de convaincre les pays les plus récalcitrants, Mme Schulze a souligné l’importance de dialoguer et de discuter notamment de l’aide que la Commission leur fournira, citant le rôle du Fonds pour une transition juste.
Enfin, s’agissant de l’étude d’impact de la Commission, prévue pour septembre, visant à évaluer la faisabilité d’un rehaussement de l’objectif à -50 ou -55 %, le commissaire à l’Environnement, Virginijus Sinkevičius, a précisé qu’elle portera uniquement sur l’UE dans son ensemble, alors que plusieurs pays réclament des évaluations spécifiques à chaque État.
La prochaine réunion des ministres de l’Environnement devrait se tenir le 30 septembre et le 1er octobre.
Voir l’appel commun : https://bit.ly/2DHLafd (Damien Genicot)