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Bulletin Quotidien Europe N° 12527
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CARTE BLANCHE / Droits fondamentaux

L’affaire d’Andy Hall a une fin heureuse, par Heidi Hautala

Bonne nouvelle ! La Cour suprême de Thaïlande a acquitté, fin juin, le défenseur des droits de l’homme Andy Hall des charges qui pesaient contre lui. Je suis heureuse et soulagée de la décision de la Cour. Ces années de tourment sont désormais révolues.

La pression et le harcèlement à l’encontre d’Andy Hall ont commencé dès 2013, lorsque Finnwatch, une ONG finlandaise, a publié un rapport de recherche sur les manquements et les conditions de travail déplorables liés à la production de jus d’ananas en Thaïlande. Le rapport a révélé de graves violations des droits de l’homme ainsi que des illégalités. Natural Fruit, une société productrice de jus d’ananas, a réagi au rapport en engageant des poursuites contre Andy Hall et Finnwatch. Le rapport publié a été qualifié de « diffamatoire » et son téléchargement sur le site Internet considéré comme un acte de « criminalité informatique ».

Malheureusement, cette réaction n’avait rien de surprenant. Des entreprises peu scrupuleuses recourent de plus en plus aux poursuites pénales et aux procès afin de faire taire les défenseurs des droits de l’homme. Heureusement, il existe d’autres types d’entreprises : S Group, une entreprise finlandaise du secteur de la vente au détail, a soutenu Andy Hall tout au long du processus judiciaire et a témoigné en sa faveur devant la Cour. Il s’agit d’un cas exemplaire de responsabilité d’entreprise.

Selon moi, il est important que l’UE accorde une certaine attention à la situation d’Andy Hall. En octobre 2015, le Parlement européen a condamné les procès en cours en Thaïlande. L’institution a déclaré que les activités d’Andy Hall avaient pour but de dénoncer les cas de traite des êtres humains et d’améliorer la situation juridique des travailleurs migrants. Le Parlement a également exprimé son inquiétude quant à l’impartialité des acteurs impliqués dans la procédure judiciaire, en raison de liens de propriété rapportés entre l’entreprise qui a engagé les poursuites et certains responsables politiques thaïlandais de haut rang.

Un an plus tard, j’ai invité Andy Hall à visiter le Parlement européen. Le 6 octobre 2016, le Parlement a adopté une résolution complète sur la Thaïlande, notamment sur le cas d’Andy Hall (EUROPE 11641/22). Il y invitait le gouvernement thaïlandais à s’assurer que les droits, y compris le droit à un procès équitable, de M. Hall et des autres défenseurs des droits de l’homme soient respectés et protégés. Lors de la session plénière, la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, a adressé le reproche suivant à la Thaïlande : les consommateurs européens ne veulent pas de produits fabriqués de manière contraire à l’éthique.

Cependant, les persécutions se poursuivent. De nouvelles poursuites ainsi qu’une action en dommages et intérêts fondées sur les mêmes faits ont récemment été engagées contre M. Hall devant le tribunal civil de Nakhon Pathom, en Thaïlande. L’UE se doit de rester vigilante et de condamner fermement le harcèlement judiciaire à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme.

Heidi Hautala est vice-présidente du Parlement européen

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