Le huitième cycle de négociations en vue de conclure un accord de libre-échange entre l’UE et la Nouvelle-Zélande, qui s'est tenu du 8 au 22 juin, a permis des discussions approfondies couvrant tous les domaines du futur accord, d’après un rapport de la Commission européenne publié jeudi 2 juillet. Cependant, certains chapitres semblent encore trop peu avancés pour envisager une conclusion des pourparlers pour septembre (EUROPE 12482/22).
Les discussions, qui ont eu lieu par vidéoconférence, achoppent plus particulièrement sur les questions d’accès au marché. Ainsi, le rapport de la Commission note que « les droits de douane imposés par la Nouvelle-Zélande restent la question la plus sensible du texte ».
Point de tension classique des négociations commerciales de l’UE, l’accès aux produits agricoles, en particulier, n’aura pas manqué à sa réputation dans les discussions avec le pays océanique.
Les négociations ont par ailleurs connu de nouvelles difficultés, début juin, après que l’offre de marché européenne aux produits agricoles néo-zélandais a fuité auprès de la presse locale et a été lourdement critiquée, obligeant David Parker, le ministre du Commerce, à monter au créneau. Il a ainsi signifié au commissaire européen au Commerce, Phil Hogan, que cette offre était trop impraticable pour que Wellington puisse envisage de finaliser rapidement les pourparlers.
Des pourparlers rendus plus compliqués encore par le Brexit, Wellington se montrant particulièrement hostile à la répartition des contingents tarifaires entre l'UE et le Royaume-Uni (EUROPE 12370/7, 12203/23, 12266/31).
La longue liste d’indications géographiques que l’Union souhaite voir protéger dans le pays des Kiwis y a également reçu un mauvais accueil. Lors du dernier cycle, toutefois, la Nouvelle-Zélande a engagé pour la première fois des discussions sur ce sujet et présenté un texte en réponse à la proposition européenne.
Enfin, d’après la presse néo-zélandaise, des difficultés inattendues ont été rencontrées dans les discussions à propos du chapitre sur le développement durable, domaine « où l'UE est traditionnellement considérée comme un leader ». Le gouvernement de Wellington a d’ailleurs exprimé sa déception devant le manque de progressivité de l'UE sur des questions environnementales, telles que la réforme de la pêche et les subventions aux combustibles fossiles.
Quant aux Européens, ils butent sur la question de la ratification par la Nouvelle-Zélande de deux conventions fondamentales de l'OIT (C087 et C138), qui reste « un élément en suspens », d’après le rapport.
Entretemps, les parties ont souligné de bonnes avancées sur un texte consolidé et ont confirmé qu'elles visent un règlement des différends contraignant et robuste, dit le rapport.
La Nouvelle-Zélande a également suggéré qu’à l'issue des négociations, les deux parties émettent deux déclarations, l’une sur le commerce des marchandises essentielles en relation avec la Covid-19, l’autre sur les biens et services environnementaux.
Par conséquent, les chances de sceller cet accord avant les élections générales du 19 septembre prochain sont maigres, a admis une source européenne.
L’optimisme des parties, qui souhaitaient voir l’accord scellé pour la fin de 2019, aura donc largement été démenti (EUROPE 12180/5).
Consulter le rapport (EN) : https://bit.ly/2Bpzehs (Hermine Donceel)