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Bulletin Quotidien Europe N° 12520
POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

La stratégie de l’UE pour l’intégration des systèmes énergétiques se précise

Selon un document de la Commission européenne obtenu par EUROPE, vendredi 3 juillet, la future stratégie de l’Union européenne pour l’intégration des systèmes énergétiques reposera sur cinq piliers afin de progressivement planifier et exploiter l’ensemble du système énergétique européen de manière coordonnée, en créant des liens plus étroits entre les multiples vecteurs, infrastructures et secteurs de consommation énergétiques. 

D’après cette nouvelle version de la stratégie, l’intégration sectorielle permettra de réduire les émissions de CO2 des secteurs difficiles à décarboner, tels que les bâtiments, les transports lourds, le transport maritime, l’aviation ou certains processus industriels « en utilisant des énergies décarbonées comme l’électricité à faible teneur en carbone ou les gaz renouvelables en combinaison avec des technologies innovantes du côté de la demande ».

Un système énergétique plus circulaire. Premièrement, le document souligne que le principe de primauté de l’efficacité énergétique (‘energy efficiency first principle’) sera le « cœur » d’un système énergétique plus circulaire.

À cette fin, la Commission transmettra, d’ici 2021, des orientations aux États membres sur la manière de rendre ce principe opérationnel dans l’ensemble du système énergétique. 

Dans le cadre de la révision de la directive sur l’efficacité énergétique prévue pour juin 2021, elle réexaminera la valeur par défaut du facteur d’énergie primaire (FEP) « afin qu'il reflète pleinement les économies d’efficacité énergétique réalisées grâce à l’électricité et à la chaleur renouvelables », indique en outre le document.

Accélérer l’électrification. Second pilier détaillé dans le document, l’accélération de l’électrification de la demande d’énergie devra être « largement » basée sur les énergies renouvelables, précise la Commission. Et le document de souligner que l’électricité devrait représenter entre 40 et 50% de la consommation finale d’énergie dans l’UE d’ici 2050, avec une part des énergies renouvelables dans le bouquet électrique comprise entre 80 et 85%, selon des projections.

Dans cette optique, la stratégie insiste sur la nécessité d’augmenter l’offre d’électricité renouvelable en mer.

Concernant les secteurs à électrifier, le texte mentionne en particulier les bâtiments – notamment par la mise en place de pompes à chaleur – et les transports, un secteur pour lequel la Commission a l’ambition de déployer deux millions de bornes de recharge publiques d’ici 2025. 

Tout comme dans le cas du premier pilier, la Commission fournira des orientations aux États membres d’ici 2021, dans le but, cette fois, de remédier aux charges et prélèvements élevés supportés par l’électricité par rapport à d’autres vecteurs énergétiques.  

En outre, le document renvoie très souvent à des initiatives postérieures plus ciblées telles que la ‘Vague de rénovations’, la stratégie sur les énergies renouvelables en mer, la révision de la directive sur les énergies renouvelables, la modification du règlement RTE-E ou encore la révision de la directive sur la taxation de l’énergie.

Ainsi, qu’il s’agisse de l’efficacité énergétique ou des renouvelables, cette version provisoire de la stratégie d’intégration des secteurs reste vague, manque de chiffres et contient peu de mesures concrètes, a estimé une source européenne consultée par EUROPE, 

Promouvoir les carburants renouvelables. Troisièmement, afin de disposer d’alternatives à l’électricité dans le cas des secteurs difficiles à décarboner, la stratégie visera  à « promouvoir les carburants renouvelables et à faible teneur en carbone », comme le biogaz et le biométhane, les biocarburants, l’hydrogène renouvelable et à faible teneur en carbone ou les carburants de synthèse, indique le document.

Plusieurs mesures sont mentionnées, notamment : (1) la mise en place, d’ici juin 2021, d’un système européen de certification pour tous les carburants renouvelables et à faible teneur en carbone, basé notamment sur des critères de réduction des émissions et de durabilité ; (2) la fixation potentielle de quotas minimums d’hydrogène renouvelable dans certains secteurs d’utilisation finale (une possibilité déjà reprise dans la version provisoire de la stratégie sur l’hydrogène (EUROPE 12511/11) ainsi que des quotas minimums de carburants renouvelables dans des secteurs comme l’aviation et le transport maritime ; (3) la création, d’ici 2023, d’un cadre réglementaire pour la certification des absorptions de carbone fondé sur une comptabilité carbone solide et transparente afin de contrôler et de vérifier l’authenticité des absorptions de carbone.

Concernant ce troisième pilier, le développement de l’hydrogène ainsi que des technologies de captage, d’utilisation et de stockage du CO2 (CCUS) semble faire partie intégrante de la future stratégie de la Commission. 

« Le captage et le stockage du carbone sont susceptibles de jouer un rôle dans un système énergétique neutre sur le plan climatique, notamment en s’attaquant aux émissions difficiles à réduire dans certains procédés industriels à fortes émissions », précise ainsi le document.

Un engouement pour les technologies CCUS que ne partage pas l’eurodéputé Damien Carême (Verts/ALE, français). Selon ce dernier, « en promouvant l’hydrogène 'bleu' produit à partir du gaz et les technologies coûteuses de capture et stockage du carbone, la Commission enverrait le mauvais signal et s’enfermerait dans la logique des industries fossiles ».

M. Carême s’étonne en outre que, si le document rappelle la création à venir d’une alliance sur l’hydrogène propre (EUROPE 12497/26), il ne mentionne en revanche aucune potentielle alliance sur les renouvelables.

Numérisation du système énergétique. Enfin, les quatrième et cinquième piliers portent sur l’adaptation des marchés européens de l’énergie à la décarbonation et à la diversité des ressources énergétiques ainsi que sur la numérisation du système énergétique.

Sur ce dernier point, le document mentionne l’adoption, d’ici 2021, d’un plan d’action pour la numérisation de l’énergie « afin de développer un marché concurrentiel des services énergétiques numériques qui garantisse la confidentialité des données et la souveraineté ».

La Commission européenne présentera officiellement la stratégie pour l’intégration des systèmes énergétiques ainsi que celle sur l’hydrogène le 8 juillet.

Voir la version provisoire de la stratégie : https://bit.ly/3dTYVE0 (Damien Genicot)

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