La Commission européenne publiera le 15 juillet une communication sur la possibilité d'une seconde vague de coronavirus en Europe, a indiqué la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, lors d'un échange de vues avec les eurodéputés de la commission 'santé publique et environnement', lundi 22 juin.
Le même jour, Medicines for Europe et EFPIA ont publié une déclaration conjointe sur le lien entre seconde vague et risque de pénurie de bêta-bloquants.
La stratégie 'vaccins' saluée
Lors de l'échange de vues, les députés se sont réjouis que la Commission propose aux États membres de passer ensemble des accords d'achat anticipé avec les entreprises pharmaceutiques qui œuvrent à l'élaboration d'un vaccin contre la Covid-19 (EUROPE 12503/2).
Après l'inquiétude de certains députés sur une possible mise en concurrence d'une coalition de quatre États membres ayant passé un accord avec la société AstraZeneca, Mme Kyriakides a rappelé que les deux initiatives étaient complémentaires (EUROPE 12506/5). Par contre, aucun élu n'a interrogé la commissaire sur les rumeurs faisant état de discussions avancées en vue d'un accord d'achat anticipé entre la Commission et l'entreprise Johson&Johnson.
Dérogation aux règles OGM : procédure anticipée
Parallèlement, les députés ont globalement bien accueilli le projet de règlement qui vise à déroger temporairement aux règles sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) afin de lever les obstacles à la recherche d'un vaccin contre la Covid-19 (EUROPE 12508/4).
Cette mesure, a résumé Véronique Trillet-Lenoir (Renew Europe, française), constitue « une dérogation temporaire sur les vaccins qui utilisent le virus génétiquement modifié, qui ne remet pas en cause les évaluations des risques qui devront être effectuées 'après' l'essai clinique ».
Lors de la discussion, les groupes GUE/NGL et Identité et Démocratie (ID )ont été les seuls à s'être montrés réticents. La Tchèque Kateřina Konečná (GUE/NGL) a souligné que le soutien de son groupe n'était pas « inconditionnel », réclamant des garanties notamment pour limiter dans le temps une telle dérogation. Au nom d'ID, l'Italienne Luisa Regimenti s'est interrogée sur l'impact d'une telle mesure sur la qualité du vaccin.
« Je comprends et je respecte vos inquiétudes. Mais il s'agit d'une mesure spécifique au Covid. Une telle urgence sanitaire publique nécessite une mesure exceptionnelle », a répondu Mme Kyriakides.
Quelques heures plus tard, les coordinateurs des groupes politiques du Parlement européen ont convenu d'utiliser la procédure législative accélérée sur cette proposition qui sera directement inscrite à la plénière de juillet sans passer par la commission parlementaire.
Créer un BARDA européen ?
Lors de cet échange de vues, les députés ont globalement salué la disponibilité de la commissaire depuis le début de la pandémie, qui a déjà causé 9 millions d'infections dans le monde et 470 000 décès, selon les chiffres du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies.
Certains lui ont posé des questions plus précises, comme son avis sur la création d'un organe européen qui ressemblerait au BARDA (Biomedical Advanced Research and Development Authority) américain, dont la mission est d'intervenir là où le marché est défaillant en cas de crise.
« C'est une idée intéressante qui pourrait être examinée au moment opportun », a-t-elle répondu. (Sophie Petitjean)